Lettre du Roi à la Reine, 11 juillet
article donna lieu à de singulières confusions. Le chargé d'affaires prussien à Paris mit cet ultimatum dans la bouche de Gramont. Le Roi s'indigne. Mais le lendemain son erreur se dissipe et il en instruit la Reine : a Ce n'est pas Gramont qui a exprimé hier cette idée à Nigra, mais un article dans un journal qui a dû être délibéré en Conseil. » Le Roi se trompait encore. Il ignorait que le Moniteur, si longtemps l'organe officiel du gouvernement français, ne l'était plus, et que Dalloz n'avait exprimé qu'une opinion indépendante qui était celle de ses abonnés orléanistes.
Ceux qui nous accusent d'avoir manqué de sang-froid devraient relire la collection des journaux du temps, les débats législatifs : ils nous loueraient alors d'avoir gardé un sang-froid presque héroïque, puisque aucune de ces excitations ne nous a fait hausser le ton mal à propos et ne nous a détournés des quatre négociations pacifiques entamées. Et notre mérite à ne pas nous laisser entraîner était encore accru par l'exaspération qu'excitait le langage des feuilles allemandes. Ottokar Lorenz l'a reconnu : <( La presse allemande et la presse autrichienne ne peuvent pas écarter la responsabilité de la faute qu'elles ont commise en traitant avec aussi peu de tact la candidature Hohenzollern, parce qu'elles ont beaucoup contribué à accroître l'agitation belliqueuse en France ^ » C'est le