‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 4)Chapitre 7 sur 173 · Y olr Muniz et Zorrilla · texte numérisé non relu

Y olr Muniz et Zorrilla

LE GUET-APEXS HOHEXZOLLERN. 17

voir réunir une majorité en sa faveur. — C'était si bien pour son compte, et non par complaisance envers son voisin qu'il repoussait Montpensier et la République, qu'après la chute de l'Empire il persista à écarter Montpensier et à ne pas vouloir de la République. Et, lorsque l'envoyé du 4 septembre, Kératry, lui offrit l'appui de son gouvernement pour devenir le président d'une république, à condition qu'il viendrait au secours de la France, Prim, qui avait s\)us ses fenêtres des canons Krupp envoyés par Bismarck, ne consentit pas à secouriT" la France, et repoussa encore plus énergiquement* l'idée de constituer une république. « Jamais,' dit-il, la République ne sera en Espagne tant que je vivrai. » — « Il faut, avait-il dit à Mercier, que vous ayez pitié de cette pauvre Espagne et que vous lui permettiez de se constituer! » Singulière adjuration adressée à un ambassadeur de l'Empereur ! Que Prim ne se l'adressait-il à luimême ? Il n'y avait de raisonnable et de pratique dans TEspagne libérale, résolument opposée à don Carlos, que deux solutions : ou la royauté d'Alphonse, ou la république unitaire. Était-ce notre faute si, dans l'aberration générale, les uns voulaient une royauté en dehors du seul Roi possible, et les autres une république sans l'unité, qui seule pouvait la soutenir? Le dernier trait est le plus extraordinaire. Considérer comme un coup de poignard reçu celui que l'on assène soi-même est véritablement le suprême raffinement de l'impudence.

« Un prince qui veut en tromper un autre par le moyen de son ambassadeur, doit d'abord tromper l'ambassadeur lui-même K » En vertu de ce principe. Prim avait tenu jusque-là Olozaga en dehors des négociations. Il lui écrivit : — (( Mon très cher D. Salustio, Enfin, nous allons sortir de l'intérim, mais cela naîtra pas lieu sans nous causer des désagréments avec le gouvernement français, puisqu'il s'agit de faire roi le prince Léopold Hohenzollern, marié à une Infante de Portugal. Il y a quelque temps que je m'occupe de cette négociation et à la fin j'ai l'acceptation du prince dans une lettre que j'ai reçue de lui toute écrite de sa main. J'ai dit qu'une pareille solution ne manquerait pas de nous causer quelque désagrément avec le gouvernement français, par rapport à ce que le prince peut avoir de prussien, quoi qu'il en ait peu. Connaissant le désagrément qu'un pareil choix pourrait causer à l'Empereur, il aurait été de bonne politique et de bonne correspondance aux bontés de Sa Majesté envers notre pays, envers moi, il aurait été, dis-je, de bonne politique de ne pas nous arrêter à un pareil prince dans le cas où nous en aurions d'autres à choisir. N'ayant réussi, ni en Portugal, ni en Italie, et nous trouvant exposés à être débordés par le duc de la Victoire, Montpensier, ou la République, je demande, moi, très respectueusement à Sa Majesté l'Empereur, ainsi qu'à tous les hommes d'État de

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