Lesourd à Gramont, 13 juillet
Hohenzollern et que nous serions contraints de nous poser en assaillants. Lorsqu'il eut été déjoué, il la déchaîna et la rendit insultante. Luimême lança, dans la Correspondance provinciale ^ publication tout à fait officielle ' , un article menaçant; il se plaignait, comme nous étions seuls recevables à le faire, des traces regrettables que l'attitude offensante de la France laisserait dans les rapports entre les deux pays.
Au milieu de cette effervescence il reçoit d'Ems le rapport de Werther. Dans la recherche furieuse à laquelle il se livrait du moyen de faire éclater la guerre, s'il avait pu plausiblement considérer notre conversation avec l'ambassadeur prussien comme la demande d'une lettre d'excuses, il eût eu immédiatement sous la main, plus qu'un prétexte, une raison légitime et il ne l'eût point laissé échapper. Malgré sa colère, il était trop homme d'Etat pour se croire autorisé à trouver, dans un entretien non authentiqué par celui auquel on l'a prêté, le motif d'une guerre. Il se rappela sans doute ce qu'il avait écrit récemment à propos deBenedetti : « Il est hors de doute que le comte Benedetti a eu l'intention de reproduire ma manière de voir aussi exactement que possible, mais la différence des points de vue et des impressions personnelles exerce une influence qui ne permet pas toujours, en resserrant les détails d'une longue conversation dans le cadre d'un compte rendu sommaire, de faire paraître