De La Tour d'Auvergne, 24 mai IHCO
répondit que l'Empereur « très sensible au désirde Son Altesse Royale de combiner une entrevue, se prêterait volontiers à la réalisation d'un projet conforme à ses sentiments' ». A Saarbruck, le Régent ne prono;iça que des paroles conciliantes : -il dit que la « Prusse ne songeait pas à céder une parcelle de territoire allemand et qu'elle était dans les meilleurs termes avec toutes les puissances, notamment avec la France. » La rencontre ainsi désirée de part et d'autre eut lieu à Rade, le 13 juin. Le Régent, ne voulant point paraître faire quelque chose derrière le dos de TAllemagne, avait invité les quatre rois et les princes allemands. L'Empereur, « dans un langage aussi franc que loyal, opposa aux idées d'agrandissement et aux projets belliqueux que l'opinion publique s'obstinait à lui prêter le désaveu le plus formel. Le Régent s'empressa de donner l'assurance que l'Allemagne ne désirait que vivre en paix et bonne amitié avec son puissant voisin à qui elle est liée partant d'intérêts communs^. » — « Mais qu'y a-t-il à faire, dit l'Empereur, pour dissiper les inquiétudes? — Dites aux princes allemands ce que vous me dites à moi-même. » C'est ce que fît l'Empereur. Un des rois, celui de Hanovre, refusa de le recevoir; il fit dire qu'il
1. 30 mai 1860. Il est donc faux, comme l'a écrit Sybel, ■que l'Empereur ait pris l'initiative de la rencontre et que le Régent l'ait repoussée deux fois, et l'ait acceptée seulement sur la réserve que le fondement de toutes les négociations serait l'inviolabilité du territoire allemand.