‹ L'Empire libéral; études, récits, souvenirs: (volume 5)Chapitre 128 sur 177 · T. II, p · texte numérisé non relu

T. II, p

consentir qu'elle se dissolve, mais avant de me laisser tuer, j'essaierai de tuer les autres'. » Et contre ce peuple qui, disait-on, venait à la presque unanimité de voter oui dans un enthousiasme indescriptible, commencèrent des exécutions si répétées qu'on manda de Turin à Délia Rocca de les modérer et de les réduire aux seuls chefs. Mais les commandants piémontais, qui, dans certaines régions, ne pouvaient gouverner sans inspirer là terreur, télégraphiaient à Délia Rocca : «■ Arrêté armes en main en tel lieu trois, quatre, cinq chefs de brigands », et Délia Rocca répondait : " Fusillez. » Cependant à la longue, Fanti, ministre de la guerre, trouvant extraordinaire le nombre des chefs, ordonna de suspendre les fusillades et de garder prisonniers tous les gens arrêtés". Les prisons et les casernes regorgèrent sans que, néanmoins, l'intensité de la rébellion diminuât.

Une véritable guerre s'engagea entre les Piémontais et les Napolitains, guerre dont l'issue eût été douteuse si les princes napolitains, ne se contentant pas de l'exciter de loin, étaient venus eux-mêmes en prendre la direction. — Brigandage facilité par les conditions économiques et sociales du pays, a-t-on dit. — Ainsi tous les conquérants ont partout essayé de rapetisser les braves qui leur tiennent tête. Les conditions économiques et sociales par lesquelles on explique la levée de boucliers napolitaine

Page 1