‹ L'Empire libéral; études, récits, souvenirs: (volume 5)Chapitre 129 sur 177 · Aulob.ioiiiafia, t. II, p · texte numérisé non relu

Aulob.ioiiiafia, t. II, p

n'étaient pas nouvelles : elles existaient sous les Bourbons et cependant le brigandage n'y sévissait pas de la sorte.

Les prétendus brigands commirent des atrocités, mais les soldats piémontais ne se laissèrent pas dépasser en cruautés. Un général fait fusiller un homme ; puis il s'aperçoit trop tard qu'il a dans sa poche un télégramme qu'il a négligé de lire, qui lui apprend l'innocence du malheureux. On raconte qu'à Carbonara cinquante brigands furent décapités et leurs corps mis en vente; une femme qui portait un pain à son fils fut fusillée ; un lieutenant fit mettre le feu à une cabane dans laquelle s'étaient réfugiés des campagnards qui se refusaient à indiquer la route prise par les brigands, etc., etc. '. Le général Pinelli en massacra tant qu'il fallut le rappeler. Ils mouraient héroïquement. « Catalano, dit à l'un d'eux l'officier qui l'a capturé, nomme tes complices, tu as quinze minutes pour parler, sinon tu es fusillé. » Et il fait charger les armes. Au bout de dix minutes il l'interpelle de nouveau. Catalano ne répond pas. « Catalano, dit quelques instants après l'officier, tu as encore une minute, veux-tu parler? — Non. » Et il tombe.

L'Irlande et la Pologne ne furent pas soumises à des rigueurs plus inexorables. Cette nécessité de sévir sans miséricorde, afin de demeurer maître du pays, justifie le jugement des bourboniens et de John Russell* sur la mince valeur

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