Au ministre anglais à Turin, 21 janvier
des plébiscites napolitains. Les élections législatives qui suivirent; expression d'un suffrage restreint et presque officiel, ne sauraient être considérées comme une confirmation et une contre-épreuve de cette comédie plébiscitaire. Le brigandage a été le vote négatif de la population des États napolitains; les brigands dans leur majorité furent des patriotes défendant leur indépendance nationale contre une annexion artificielle et violente. Parmi eux se sont glissés des scélérats, mais il y en avait aussi et en nombre, dans les bandes qui suivirent Garibaldi de Marsala à Palerme et au Volturne. Dans cette lutte contre un peuple qui ne veut pas être absorbé et qui se bat pour rester lui-même, Farini, malgré sa haute valeur, s'est usé; le prince de Carignan , quoique secondé par un conseiller aussi capable que Nigra, ne réussit pas mieux; d'autres vinrent successivement échouer, et aujourd'hui encore, après tant d'années, quand on y regarde de près, on s'aperçoit que la soudure opérée par la force entre le Nord et le Sud est loin d'être tout à fait solide. Il n'est pas sûr qu'une main vigoureuse, s'il en existait une, ne réussît à la briser.