‹ L'Empire libéral; études, récits, souvenirs: (volume 5)Chapitre 142 sur 177 · RiCASOLl · texte numérisé non relu

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c( Vous n'êtes plus l'homme que je croyais, le Garibaldi que j'aimais. Avec l'illusion a disparu l'affection qui m'attachait à vous ; je ne suis plus votre ami, et franchement et ouvertement, je passedans les rangs de vos adversaires politiques. » [1 le raille de la recherche théâtrale de son accoutrement, l'accuse de vouloir se mettre au-dessus de tout autre citoyen, à Tégal et même au-dessus du Roi: il juge intolérable qu'un citoyen, un député injurie les ministres et ses collègues défenseurs du gouvernement, comme des traîtres à la patrie et des couards; il affirme que celui qui a accusé les autres de provoquer une guerre fratricide avait un jour ordonné à ses volontaires de recevoir les soldats royaux à coups de fusil, au risque de déchaîner une guerre civile dans laquelle se serait effondré le pays; il lui reproche de s'être attribué tout le mérite de la campagne, tandis que lui et ses volontaires étaient réduits sur le Volturne à un si triste état qu'ils auraient été écrasés si les troupes royales n'étaient venues à son secours. (( Ennemi de toute tyrannie, qu'elle soit vêtue de noir ou de rouge, je combattrai la votre à outrance. Je n'ai pas mandat de parler au nom de l'armée, mais je la connais et suis convaincu qu'elle partagera le sentiment de dégoût et de colère que vos intemp('rances et celles de votre parti ont soulevées dans mon âme. » — « Enfin, écrit Hicasoli, ce brave Cialdini a culbuté le prestige que la couardise de nos concitoyens et notre sale presse avaient fai)riqué au détriment de l'Italie. Il a dit ce que beaucoup sentent et ce que

personne n'avait osé dire. Un temps nouveau commence ^ »

Garibaldi répondit au général : « Moi aussi j'ai été votre ami et admirateur, aujourd'hui je serai ce que vous voulez sans descendre à me justifier. Je suis dans un pays libre où chacun peut se vêtir comme il l'entend. Je ne connais d'ordre donné par moi à mes soldats que celui de recevoir les soldats italiens du Nord comme des frères, bien que je susse que celte armée venait combattre la révolution personnifiée par moi... Nous étions sur le Yolturne au soir de la plussplendidede nos victoires avant votre arrivée, et non dans une situation détestable... Enfin si quelqu'un se trouve offensé de mes manières et de mes paroles, j'attends qu'il m'en demande sa tisfaction. »

Le public trouva cette épître fiacca (flasque). Pour la corser Garibaldi envoya un matin son futur gendre, Canzio, à Gialdini avec ces quelques mots : <« Votre lettre doit être considérée comme un défi; la mienne également : quand deux hommes se défient, ils doivent se battre. » Gialdini répliqua de venir chercher la réponse à midi. Mais alors changement de scène. Canzio revient dès avant midi redemander sa lettre de défi et le Roi communique à Gavour son désir qu'il se rencontre avec Garibaldi le soir à sept heures dans un salon du palais royal. Gialdini restitua la lettre, Gavour répondit qu'un homme

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