‹ L'Empire libéral; études, récits, souvenirs: (volume 5)Chapitre 150 sur 177 · MAC-MAHON A MAGENTA · texte numérisé non relu

MAC-MAHON A MAGENTA

On lit ce qui suit dans l'histoire de la guerre par Bazancourt, tome L"", page 241 : « Dès le matin. l'Empereur avait envoyé un de ses officiers d'ordonnance porter au général de Mac-Mahon une lettre qui lui renouvelait de \ la manière la plus précise les instructions qu'il avait reçues la veille; en même temps il faisait dire au roi de Sanhiigne, qui avait son quartier général à (ialiate, de hâter son passage à la suite du 2*' corps, en l'informant que, par suite de nouvelles dispositions, le maré- <hal (Janrobert ne se dirigerait point sur Turl)igo et passerait le Tessin au pont de Bullalora. Le commandant, Schmitz, chargé de cette mission, avait vu le Hoi et avait rencontré le général de Mac-Mahon en deçà de Rebeclndto, près do Malvaggio, et précédant sa colonne. Le général prit connaissance de la lettre de l'Empereur et dit au commandant Schmitz : « Vous ferez savoir à Sa

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(' Majesté que je marche sur deux colonnes; celle « de droite, à la tète de laquelle je suis, est composée « de la division de la Motterouge et de la division « Gamou; elle se dirige sur Buffalora, qu'elle aura « atteint à deux heures et demie au plus tard. La « colonne de gauche, qui se compose de la division « Espinasse, marche sur Magenta ; j'apprécie qu'elle " y sera vers trois heures et demie, car elle a un long <( chemin à faire. Je n'ai pas connaissance encore (' de la position de l'ennemi : je ne puis donc vous « donner aucune indication sur ce que je ferai; " mais que l'Empereur soit tranquille sur les dispo- « sitions que je prendrai. » — Cette conversation, qui supposait une arrière-pensée de combat pour ce jour-là que personne n'avait à l'état-major français, m'avait paru suspecte. J'interrogeai le général Lebrun, chef de l'état-major de Mac-Mahon, qui n'avait pas pu l'ignorer. Voici ce qu'il m'écrivit : <( C'est faux. Si le commandant Schmitz avait vu « le général de Mac-Mahon dans la matinée, il n'au- « rait pu que lui redire de la part de l'Empereur les <( ordres de mouvement qui lui avaient été donnés '( la veille. Dans la matinée et jusqu'à son arrivée « devant San-Martino, l'Empereur n'imaginait pas « qu'il dût y avoir bataille ce jour-là. »

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