Oidre du Jour de l'Empereur à Milan, 8 Juin
rait acquis toute sa valeur que par l'adaptation d'une hausse variable permettant d'utiliser l'arme aux difîérentes distances de sa portée efficace. Le comité d'artillerie s'y était refusé : il avait inventé un genre de pointage absolument bizarre, appelé pointage avec le pouce. Pour la distance de 200 mètres le soldat visait avec une hausse fixée sur l'arme ; pour celle de 400 mètres, il passait le pouce de la main gauche à cheval sur le canon et visait par le sommet de l'articulation ; pour 600 mètres il levait le pouce et visait par le sommet de l'ongle. Comme tout cela était facile dans la mêlée ! Aussi ce singulier mode de pointage faisait-il de ce fusil une arme médiocre.
Le fusil autrichien Lorenz ' valait mieux : de petit calibre, rayé, il était muni d'une hausse permettant de viser à des distances variant de cent pas en cent pas jusqu'à la distance de 675 mètres. Par contre le canon autrichien à àme lisse ne valait pas nos canons rayés de 4 et de 12. En 1845 un officier piémontais, Cavalli, avait proposé d'appliquer aux bouches à feu le perfectionnement qui avait donné de si bons résultats dans les armes portatives ; des expériences avaient été faites à partir de 1851 au polygone de Yincennes, puis à La Fère. La question s'éternisant dans des commissions, l'Empereur avait ordonné au général Lahitte, président du comité d'artillerie, de la résoudre seul en lui traçant le programme