‹ L'Empire libéral; études, récits, souvenirs: (volume 5)Chapitre 43 sur 177 · Lettre à rimpi'-ratrice du 2'.\ mai · texte numérisé non relu

Lettre à rimpi'-ratrice du 2'.\ mai

occasion Bismarck : « Et si cela était vrai, vous répondrais-je autrement? » Malmesbury devient alors d'une indiscrétion encore plus impertinente, et demande à Gortschaco\v de lui communiquer le texte des arrangements russes avec la France. Gortschacow se moqua : « Un amant pourrait tout au plus faire une pareille question à sa maîtresse, et ce ne sont pas les termes dans lesquels l'Angleterre est avec la Russie. » Cette malveillance du ministère tory inquiétait fort l'Empereur. Il attendait avec anxiété l'effet des promesses de Kossuth.

Des nuages plus sombres encore s'amassaient du cùté de l'Allemagne. Nos agents en écrivaient au moins l'équivalent de ce que Persigny mandait de Londres. Surtout dans les petits Etats si cliers à nos diplomates, la haine contre nous touchait à l'exaspération. Personne n'y doutait que l'attaque en Italie, si elle était victorieuse, ne fût le préalable d'une tentative sur le Rhin : il fallait prendre immédiatement parti pour l'Autriche sans condition et ne pas attendre qu'écrasée elle fût dans l'impuissance de contribuer à la défense commune. Le ministre Dahvigk, en prêchant la croisade contre les Français, n'éprouvait qu'un embarras : à qui donnerait-on l'Alsace'? On ne

Page 1