‹ L'Empire libéral; études, récits, souvenirs: (volume 5)Chapitre 44 sur 177 · Ueust, Mcinoired, l. I, ch. xviii · texte numérisé non relu

Ueust, Mcinoired, l. I, ch. xviii

parlait de rien moins que d'une déclaration de guerre immédiate. Malmesbury, informé comme nous, ne voulut pas qu'on comptât sur son appui pour cette démarche prématurée. Il fit savoir à la Diète que quant à présent l'Allemagne n'avait pas de motifs plausibles de déclarer la guerre à la France, et que si elle était vraiment assez mal inspirée pour se mêler à la guerre sitôt que cela iat thïs early stage), avant qu'il existât vraiment un casas fœderis, si, ainsi, elle rendait générale une guerre qu'il était possible délocaliser, le gouvernement de Sa Majesté britannique qui, dans les circonstances existantes [at présent, under ejisting circumstances), avait résolu de garder une stricte neutralité, ne lui accorderait aucune assistance, et ne protégerait pas ses côtes contre une attaque (2 mai).

Dans cette effervescence martiale et gallophobe parut un opuscule du fondateur du parti socialiste allemand Ferd. Lassalle, intitulé :Z/«^?^^/v'^ d Italie et le devoir de la Prusse, conseillant aussi hardiment au peuple que Bismarck le conseillait au Roi de prendre parti pour l'Italie. « Sa cause, disait-il, n'est pas moins juste parce que son champion est un usurpateur. Le principe des nations libres et indépendantes est la base des revendications de la Démocratie. La bonne entente entre les deu.r q/'ands peuples de progrès, les Allemands et les Fnntçais, c'est la condition de laquelle dépend uniquement toute liberté politique, toute civilisation en Europe, toute réalisation des idées morales de l'humanité, tout

développement démocratique. Si nous avions pour roi un autre grand Frédéric, il attaquerait l'Autriche à l'instant et ferait l'unité de l'Allemagne. » Il conseillait de ne pas combattre inutilement le principe des nationalités en Italie, d'en tirer profit en Allemagne en mettant la main sur le Sleswig-Holstein.

Cet opuscule était si fort en opposition avec le courant général qu'il ne fit pas même scandale, si ce n'est parmi les amis de l'auteur, qui se récrièrent contre l'apologie du césarisme prussien. Lassalle s'en tira en écrivant à Marx qu'il avait dit le contraire de sa pensée. Il désirait la guerre entre la Prusse et la France, il savait de source sûre que le gouvernement prussien y était décidé; mais une guerre populaire ranimerait le sentiment dynastique au dommage du parti démocratique, au contraire une guerre impopulaire, mal conduite, finalement malheureuse, serait un triomphe pour la cause sociale de Marx\

Quelle que fût l'excitation des États moyens de l'Allemagne, elle n'était pas redoutable tant qu'ils seraient réduits à leurs propres forces ; ils ne pouvaient que japper sans mordre. Leur armée se trouvaient dans un état pitoyable, les fusils de l'infanterie remontant pour la plupart à un demisiècle, l'éducation militaire presque nulle, les troupes, grâce à l'abus des congés, composées moins de soldats que de paysans indisciplinés. Les passions allemandes ne deviendraient dangereuses que si la Prusse les secondait. Les libé-

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