Dépèche du 23 Juin 18o
2. I,e.s historiens allemands le constatent. Voici ce que dit un des plus crh-hies, Henri de Treitschke, dans son Essai sur Cavour : « Plus que toute autre laison prévalut le péril qui menaçait du Nord, [.a Prusse se disposait à suivre une impulsion généreuse mais prufondémiMit impolilique ; l'pouvanti'de l'accroissement démesuré de l'influence française, plein de fraternelle mistiricorde pour l'allié de 181.3, le prince régent était prêt à prendre les armes pour les traités de 18KJ... Avec les réseives mal organisées de la Fiance, l'Empereur n'était pas en t'iat de soutenii- avec probabilité de succès une atlaipit; dr l'Allemagne. Mais Cavour, que la longue inertie de la Prusse avait habitué! à n'en pas estimer suili- .samment la puissance, ne voulut pas accorder son juste poids à lu raison déterminante du traité de Villafranca. »
prussieQ « qu'il allait poursuivre une médiation armée »? En tous temps une médiation armée a été considérée comme une déclaration de guerre conditionnelle. Aux témoignages des faits s'ajoute d'ailleurs celui des hommes.
Le Régent, dans un ordre du jour à ses troupes (18 juillet), s'est vanté de son dessein : «Le danger qui menaçait alors est passé maintenant. Tandis que vous étiez en route pour vous rendre dcms les positions assignées, les puissances belligérantes ont subitement conclu la paix. Par nos mouvements en avant, nous avons démontré notre ferme résolution de garder intactes les frontières, des contrées de l'Allemagne quel queût été le sort des armes. » Bismarck, plus tard, a confirmé cet aveu : « Lors de la guerre d'Italie, a-t-il dit dans son célèbre discours du G février 1888, il ne s'en fallut que de l'épaisseur d'un cheveu que nous fussions entraînés dans une grande guerre européenne de coalition. Nous en vînmes jusqu'à la mobilisation; oui, très certainement nous aurions marché, si la paix de Villafranca neùt pas été conclue. » Il renouvelle la même affirmation dans ses mémoires' : « Sous rinlluence de sa femme et du parti du Wochenhlatl, le Régent, en 1859, fut sur le point de prendre pjart à la guerre d'Italie. S'il l'avait fait, la guerre, d'austro-française qu'elle était, serait devenue francoprussienne sur le Rhin'. » L'état-major prussien dans son étude de la campagne d'Italie, rédigée