‹ L'Empire libéral; études, récits, souvenirs: (volume 5)Chapitre 53 sur 177 · T. I^>', p. 3ib · texte numérisé non relu

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parMoltke, n'est pas moins explicite que le Régent et que Bismarck : <( La courte durée de la campagne si inopinément terminée a bientôt déjoué pour nous la perspective dune partïci[jatio?i à la guerre ' . »

L'état-major de l'Empereur était las de la guerre : il souffrait de la chaleur, des mauvais logements, de l'ennui; il ne cachait pas son impatience de fuir l'atmosphère enflammée de cette vallée du Mincio, véritable enfer où l'on ne respirait que du feu et des mouches, son ardeur martiale se réveillait au jour du combat, mais la perspective des sièges le navrait. Quelques-uns, comme Fleury, devenaient philosophes : « Ces boucheries ne sont plus de notre temps; et pourquoi? On a bien de la peine à regarder comme ennemis les Autrichiens et encore plus de peine à considérer comme ami le peuple dégénéré que nous venons de délivrer de l'esclavage. Le bonheur de l'Italie, qui ne veut pas être heureuse, l'agrandissement d'un roi qui a peine à se considérer comme notre obligé, ne valent pas le sanglant sacrilice imposé à l'armée. » Supposant l'Empe-

1. Nos historiens accordent à tort à cette étude une autorité infailliitle, car, malgré son méiite, elle abonde en renseij.'iiements inexacts et, sous son apparence d'impartialité, elle témoigne une constante malveillance à nos généraux et à nos soldats; elle ne i)eut l'aire autorité ({u'en ce qui concerne la Prusse.

reur tel qu'il était lui-même, il le représentait, dans sa correspondance, comme indécis, fatigué, dégoûté de la guerre et ne cherchant qu'un Ijiais pour traiter. Par sa femme il pressait Walewski de frapper un grand coup, de faire proposer par l'Angleterre, la Prusse et la Russie l'armistice ou un projet de médiation : l'armée avait conquis assez de gloire et de renom; il fallait s'arrêter \ — Dans cette campagne pacifique qu'il poursuivait ouvertement à Paris et par insinuations auprès de l'Empereur, il eut un auxihaire bien inattendu, le gendre de Victor-Emmanuel. Il l'avait vu arriver avec terreur; se rappelant avec quelle ardeur il poussa à la guerre, il redoutait qu'il ne s'opposât non moins violemment à une paix prématurée. Quelle ne fut pas sa surprise de le retrouver pacifique, avec l'impatience et l'impétuosité qu'il apportait à toutes ses opinions'. La chaleur l'excédait, il était mécontent des Toscans, des Hongrois, il entrevoyait les plus sombres complications; on venait d'obtenir une belle victoire, il n'y avait qu'à rentrer à Paris et à traiter.

L'Empereur était-il aussi las, aussi découragé, aussi indécis que le supposait son aide de camp? Fatigué, il l'était moins qu'aucun de ses officiers, on ne l'avait jamais vu aussi dispos. Sans doute, au soir ou au lendemain de ses victoires, il

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