Castelli, Ricordi, p
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cuter. En lui aucune de ces douloureuses hésitations dans le commandement qui, en 1848 et 1849, nous firent perdre le temps etl'occasion.Si on ne peut lui reconnaître le génie de son grand oncle, génie absolument extraordinaire, on ne pouvait lui refuser le coup d'œil, l'intuition et la science militaire. Aussi ne puis-je attribuer les erreurs qu'il a commises onze ans après qu'à un état de maladie avancé qui enleva à son esprit la vigueur que son corps avait perdue . »
Nos généraux jugeaient de même. « Si dans celte guerre, m'a écrit le maréchal Lebœuf, que j'interrogeais sur la capacité militaire de l'Empereur, il a parfois manqué d'audace, il a fait preuve d'un jugement réfléchi très droit, et l'habile conception du plan de campagne lui appartient tout entière. Se méfiant de lui-même plus qu'on ne Ta cru, et moins personnel qu'on ne l'a dit, il recherchait trop en apparence les conseils souvent contradictoires, sans laisser deviner son propre avis. Mais après les avoir écoutés, il sut toujours prendre le meilleur parti et y persister, dette facilité d'entretenir l'Empereur a autorisé (|uelques-uns de ses généraux à se donner le mérite d'avoir conseillé telle ou telle opération réussie. Les partis ont exploité ces propos, et l'opinion publique n'a pas accordé à l'Empereur toute la part qui lui revient légitimement dans le succès de la campagne. »
Celte campagne n'a pas été moins glorieuse
\. AiUobUuirupt, t. I'"", p. i-27.
pour notre armée, et il est douloureux de lire qu'elle commence à prouver sa décadence. Elle ne fut jamais plus magnifique ; jamais elle ne déploya plus splendidement ses qualités de vigueur, d'élan, de solidarité, d'irrésistibilité ; elle se montra vraiment la première armée de l'Europe. Ses chefs ont été une pléiade de héros. Il est facile aux stratèges de cabinet de prétendre qu'à telle ou telle heure ils ont commis telle faute. Quand on les suit par la pensée au milieu de l'action, sous le sifflement des balles ou le gémissement des obus, dans ces routes sillonnées de canaux ou de fossés, dans cet horizon fermé par des arbres, à cheval depuis l'aube après avoir passé une partie de la nuit à arrêter leurs dispositions, on s'étonne, non qu'ils aient commis des fautes, mais qu'ils en aient commis aussi peu, et qu'au milieu de tant d'obscurité, d'inconnu, de causes d'effarement et de trouble, ils aient à ce point conservé leur calme, leur ténacité stoïque ou olfensive, leur puissance imperturbable d'intelligence et de volonté. Et quels soldats ! Ceux de Napoléon l^^', « aux jarrets de fer, à l'estomac de fourmi, au cœur de lion' ». Dans les grandes batailles, soutenus seulement par le café du matin, par le biscuit de leur sac et l'eau de leur petit bidon, ils marchent, combattent, se déploient, s'avancent, bravent les boulets, les baïonnettes, les retranchements, la chaleur, la faim, la soif, sans un murmure, sans un décourage-