‹ L'Empire libéral; études, récits, souvenirs: (volume 5)Chapitre 66 sur 177 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

L'idée d'affranchir l'Ilalie de la dominalion allemande et d'assurer son indépendance par rétablissement d'une confédération n'était pas une idée propre à Napoléon III ; c'est une conception de l'ancienne royauté française. Dans son projet de Pacification, SuUv assigne au duc de Savoie le Milanais avec le titre de Roi de Lombardie' et institue entre les autres princes italiens une confédération nationale, « alin que

1. Le Milanais alors n'embrassait pas tout ce qui depuis 18I;j est devenu la Loinl)ardi(' aulrichienne ; il ne comprenait que Milan, Crémone, Pavie, Corne, Lodi et leurs territoires.

tous ces États et Princes étant associés ensemble en communauté d'intérêt, pour la manutention des droits et propriétés les uns des autres, ils en fussent rendus plus considérables, sans que, par cette considération, il ne fût rien changé à leurs possessions accoutumées, ni aux lois et coutumes et droits d'eux ni de leurs peuples et de leurs seigneuries •».

Ce rêve de Sully et d'Henri IV fut au moment de devenir une réalité sous Louis XV. Les princes d'Italie ayant eu recours à lui pour le prier de les aider à se soustraire à l'autorité que l'Allemagne prétend exercer sur eux, « S. M. toujours

DISPOSÉE, A l'exemple DE SES PRÉDÉCESSEURS, A

PRÊTER SON APPUI AUX PEUPLES OPPRIMÉS ' » , prépara lui-même (c'est peut-être le seul ouvrage de son règne qui soit de lui) les bases d'une association italique, avec une diète continuellement assemblée, ayant à sa disposition une force armée de 80 000 hommes, dontle commandement serait attribué au roi de Sardaigne et, à défaut, au roi de Naples. L'expulsion de l'étranger, l'indépendance absolue des États italiens était à la fois la condition et le but de la confédération. L'Autriche devait être rejetée hors de la péninsule : pour mieux l'en chasser, la France s'en chassait elle-même et, généreusement, s'excluait de l'Italie, libre par elle. Les princes étrangers régnant sur des terres italiennes devaient s'italianiser, en renonçant à tous droits en dehors de

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