‹ L'Empire libéral; études, récits, souvenirs: (volume 5)Chapitre 76 sur 177 · septembre · texte numérisé non relu

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c'est contraire aux prélirainaires de Villafranca. — Nous ne voulons pas vous désobliger, mais nous ne pouvons renvoyer brutalement de braves gens qui s'offrent à nous. — Eh bien! répond l'Empereur, accueUlez-les, mais ne les acceptez pas. » La distinction entre Vaccettare et Vacco- (jl'iere fut admise : le roi accueillit le vote et ajourna l'acceptation jusqu'aux conférences qui allaient s'ouvrir; toutefois, il envoya le prince de Carignan gouverner à Florence comme son représentant.

A Rome, à Modène, à Bologne, à Florence on ne se crut pas obligé envers les remontrances de l'Empereur aux mêmes ménagements qu'à Turin. Pie IX, sauf en de rares moments, se montrait intraitable : il avait les plus amples assurances de l'empereur Napoléon pour le maintien del'intégrité de ses Etats ; il ne se considérait que comme le dépositaire des biens de l'Église et ne trouverait dans sa conscience aucun moyen de justifier une cession de territoire ou même une résignation paisible à une spoliation; il épuiserait toutes les résistances tant de l'ordre spirituel que de Tordre temporel; il préférait perdre ses Etats par la force et la révolte de ses sujets plutôt (jue de se rendre complice de leur amoindrissement. Parlait-on de réformes à son ministre, le Cardinal, texte en mains, démontrait que les lois pontificales en vigueur contenaient la plupart des garanties réclamées. Le duc de Gramont répondait : (( J'en conviens, la loi existe, mais elle n'est pas pratiquée. — Le mépris des lois, écrivait-il,

c'est le vice radical du gouvernement pontifical ; la seule réforme nécessaire serait celle qui prescrirait avec une sanction pénale l'exécution et le respect des lois; mais pour qu'elle fût efficace, il faudrait contrôler à la fois le peuple, le gouvernement et surtout le Pape qui, moins que tout autre, consent à plier sa volonté devant une prescription légale. Les actes arbitraires et illégaux sont plus particulièrement du fait du Pape lui-même que de ses ministres, mais il est facile de s'imaginer combien cet exemple intlue sur les coutumes administratives'. » Et il cite à l'appui de son assertion un exemple concluant. La Consulte des Finances s'étant, suivant l'usage, présentée à l'audience de Sa Sainteté, son président le cardinal Savelli crut devoir appeler l'attention du Saint-Père sur quelques fautes d'administration qui avaient particulièrement mérité le blâme de la Consulte : l'abus des pensions accordées à des employés avant le temps de leur retraite par mesure de faveur; constamment, en effet, pour placer le protégé d'un cardinal ou du Pape, on met à la retraite, avec la solde entière, le titulaire d'un emploi, de manière à créer ainsi la vacance dont on a besoin. Le cardinal Savelli s'éleva aussi contre les dépenses que le Pape ordonne à tel ou tel ministre eu dehors du budget approuvé par la Consulte : acquisition de palais, réparation d'édifices pujjlics, subvention pour des travaux jugés utiles. Sans

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