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Cousin ne rétracta rien et n'envoya pas la déclaration d'orthodoxie, tout en accompagnant son refus de nouvelles protestations de respect : « Ma lettre, écrivit-il au nonce, suffit à ma conscience, et elle suffira, je l'espère, à Sa Sainteté. Si, par impossible, il en était autrement, je suis résigné à une censure qui, après tout ce que j'ai fait, paraîtra à tout homme de bonne foi le comble de l'injustice. Le Saint-Père sera plus troublé en la signant que moi en la recevant, et nous verrons le lendemain à qui elle nuira davantage'. » On n'insista plus sur la déclaration d'orthodoxie, mais on chargea le Père Perrone de rédiger un formulaire au nom de la Congrégation de l'Index selon lequel Cousin devrait corriger ses prochaines éditions. C'était un ultimatum, il devait répondre par oui ou par non dans quinze jours. La résistance du philosophe fut encore plus décidée : « S'il est un livre universellement respecté, écrivit-il, ce sont les Méditalions de Descartes. Quand le saint cardinal de Bérulle entendit Descartes en exposer l'obet, la substance et le plan, il lui lit un devoir religieux de les écrire et de les publier. Les deux olus grands esprits de l'Eglise de France au "cvir siècle, Arnault et Bossuet, en sont tout pélétrés, ils ont passé leur vie à les commenter et i les célébrer, y retrouvant, dans son dévelop- )ement le plus sévère, la doctrine philosophique le saint Augustin. Et cependant la Congréga-
\. Lellio à Pie l.\, 18 août ISiiO.
tion de l'Index a condamné les Méditations, donec corrigantur. Si donc la Congrégation met mon livre sur la liste où sont déjà les Méditations , elle n'aura fait que mettre un des plus humbles des disciples de Descartes à côté de son illustre Maître'. » Pie IX écouta alors les inspirations de son âme élevée ; il se dégagea de toutes les arguties dont on l'entourait, et il pria la Congrégation de rindexde suspendre lapublication de sa sentence et de l'ajourner indéfiniment. Cousin témoignait au Pape sa reconnaissance en le défendant au jour de l'épreuve, et voulant donner une satisfaction au Saint-Père, il fit droit lui-même, dans une nouvelle édition, sauf en ce qui était de pure politique^ aux corrections qu'on ne lui imposait plus. Parmi les hommes éminents des anciens partis, deux seulement, remarquables par la valeur intellectuelle et morale, Rémusat et D'Haussonville, persistèrent à trouver légitime dans les Légations ce qu'ils avaient loué en Angleterre, en France, en Belgique, en Grèce. « On ne peut cependant pas, disait Rémusat à Mignet devant moi, répudier des sympathies exprimées pendant trente années. »
Supprimez des mandements et des brochures les véhémences, les anathèmes, les adjurations,