‹ L'Empire libéral; études, récits, souvenirs: (volume 5)Chapitre 87 sur 177 · août 18o · texte numérisé non relu

août 18o

2. L'i'loge des principes de 89, la sévère condamnation de la révocation de l'Edit de Nantes.

DE L'EFFET EN FRANCE DE L^V LETTRE AU PAPE. :je3

les gros mots, vous y trouvez rargumentation suivante :

On calomnie le gouvernement du Saint-Siège, il est aussi bon qu'un autre et il est prêt à s'améliorer encore par les réformes nécessaires; ce ne sont pas, d'ailleurs, des réformes qu'on poursuit, mais une subversion révolutionnaire, l'inlroduction d'un droit nouveau et de maximes pernicieuses, menaçantes pour la sécurité de tous les trônes et de tous les princes. — Le soulèvement des Komagnes n'est pas un acte spontané, il est Tœuvre de la cupidité ambitieuse du Piémont. — 11 n'est aucune des raisons par lesquelles on justifie la révolte à Bologne et dans les Légations, qui ne soit applicable aux Marches, à l'Ombrie et à Rome même, de telle sorte que ce qui est en jeu à Bologne, c'est l'existence totale du pouvoir temporel, et par suite de l'autorité spirituelle qui y est attachée.

On répondait :

La preuve que le gouvernement du Pape n'est pas bon, c'est que depuis 1815, toutes les puissances le pressent de le devenir; dans le traité môme de Zurich, l'empereur d'Autriclie et l'empereur des Français s'engagent à unir leurs efforts pour obtenir de Sa Sainteté les réformes indixpemfibles.

Le droit que les Légations exerçaient en s'affranchissant d'un gouvernement mauvais n'était pas une nouveauté, c'était l'application au Pape, souverain temporel, d'un droit permanent du genre humain que les docteurs de l'Église avaient

plus fortement enseigné que les politiques. N'étaient-ce pas eux qui avaient posé en maxime : Qui omnibus prœesse débet ab omnibus eligatur? N'avaient-il pas complété ce premier axiome par un second : « Si rex degeneret in iyrannum deponi et eligi atium^l )> Le gallican Bossuet lui-même, oubliant, dans sa Defensio, son droit divin, affirme cette souveraineté des peuples : « Qui avait déposé Chilpéric? la nation. Qui a couronné Pépin? Qui a remplacé les Carlovingiens par les Capétiens? la nation-.» — « Oui, Sire, disait Massillon à Louis XV, c'est le choix de la nation qui mit d'abord le sceptre entre les mains de vos ancêtres; c'est elle qui les éleva sur le bouclier et les proclama souverains ^ » Les principes de 89 sont la résurrection d'une vieillerie, non une innovation, non nova sed oblita. Or ces principes admis, qu'y avait-il de sérieux à opposer aux peuples des Légations? a Si j'avais le malheur, écrivait dom Guéranger à M^'"^ Pie, de ne pas anathématiser 89, je ne serais pas en peine de faire un pamphlet autrement fort que te Pape et le Congrès. »

Attribuer à la cupidité ambitieuse de l'infâme Piémont la révolte des Romagnes était une falsification ou une ignorance historique. Depuis 1815 ces populations étaient à l'état permanent de

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