‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirsChapitre 149 sur 260 · Discours du 23 mars 1840, 20 janvier · texte numérisé non relu

Discours du 23 mars 1840, 20 janvier

rantiede notre indépendance contre les menaces des cours du Xord, le moyen d assurer chez nous et au dehors les conquêtes de la liberté. Après 1840, ces dispositions furent subitement changées. Même après que l'humiliation apportée par le traité du 15 juillet eut été acceptée, il resta dans la nation un sentiment d'amertume, « le sentiment tranquille et profond qu'il n'y a ni sécurité, ni avenir dans une alliance avec l'Angleterre ; que la rivalité des intérêts est un fait qu'on ne peut plus nier et qu'on ne peut faire cesser; qu'une pareille alliance n'est qu'un pis aller; qu'au besoin elle nous manquera toujours et que, dès qu'on pourra trouver de notre côté un point d'appui hors d'elle, il faudra en saisir l'occasion^ ».

11 y eut de plus dans la nation, tombée d'une excitation belliqueuse au marasme humilié de la paix, un sentiment général de malaise que Lamartine ne suscita pas, comme souvent on l'en a accusé, qu'il nota seulement avec éloquence parce qu'il le ressentait lui-même. (( Vous avez tort, disait-il à ceux qui croient qu'avec des chemins de fer, des fêtes, des hausses à la Bourse, on répond à toutes les exigences d'un peuple. Vous avez tort de vous figurer, parce que nous sommes fatigués des grands mouvements qui ont remué le siècle et nous, que tout le monde est fatigué et craint le moindre mouvement. Les générations qui grandissent der-

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