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DE L'ALLIANCE AUTRICHIENNE

Emile de Girardin, journaliste fort en vue, s'étant risqué à reprendre le thème de Chateaubriand sur la nécessité de l'alliance russe, fut taxé de vénalité. Diplomatiquement d'ailleurs, un rapprochement avec l'empereur de Russie impliquait une entente préalable avec Metternich ; c'est par Vienne que passait la route de Saint-Pétersbourg. Or, una alliance avec l'Autriche était-elle possible?

Les antipathies de l'Autriche s'étaient exprimées d'une façon moins acerbe que celles de Nicolas. Il y avait cependant bien de l'impertinence dans les conseils de sagesse que Metternich envoyait à nos ministres sous une forme sentencieuse et que ceux-ci recevaient avec componction. Parfois aussi le fond du cœur se découvrait: par exemple, lorsqu'il fut question d'un projet d'union entre le duc d'Orléans et l'archiduchesse Marie-Thérèse. Metternich écrit à son ambassadeur à Paris, Apponyi : « Personne ne mettra en doute que la maison d'Orléans ne soit une grande et illustre maison ; c'est le trône du 7 août qui la rapetisse. Le duc de Chartres eût été un parti désirable, le prince royal des Français ne l'est pas. » Chercher à s'allier à des gens qui pensaient ainsi de vous n'était assurément ni lier ni même sûr. Dans l'état où se trouvait l'Europe lors de la rupture de l'alliance anglaise par les mariages espagnols, on n'y pouvait pas même songer.

La révolte des peuples réprimée en 1823 et en 1833 recommençait. Metternich, deux fois

déjà, s'était cru débarrassé de ce spectre, il le voyait surgir une troisième fois dans des conditions nouvelles et plus menaçantes; il voyait l'Autriche de nouveau battue en brèche en Allemagne et en Italie par une poussée d'idées et d'aspirations dirigées, en Allemagne contre sa prépondérance morale, en Italie contre sa domination matérielle.

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