‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirsChapitre 178 sur 260 · MANIN · texte numérisé non relu

MANIN

pas songer à une confédération tant que durerait cette domination étrangère, qui pénètre dans le flanc de la péninsule, possède plus de population italienne que quatre des princes italiens, et a derrière elle les forces d'un empire plus étendu que toute l'Italie. N'osant pas envisager l'éventualité d'une guerre, il s'ingéniait en combinaisons d'échange du royaume lombardo-vénitien contre une extension sur le bas Danube. Alors s'établirait tout naturellement la triple alliance civilisatrice entre l'Angleterre, l'Autriche et l'Italie. Plus encore que Gioberti, Balbo insistait sur la nécessité d'abandonner toute préoccupation en dehors de celle de l'indépendance. Quand un peuple est privé de ce bien suprême, porro imi/m est ne ce s s ar 'mm, il ne doit poursuivre rien d'autre ; c'est la seule liberté nécessaire.

Un Vénitien, Daniele Manin\ arrivait, par l'effet de ses propres réflexions, à répudier les sociétés secrètes, les agitations séditieuses, à recommander l'action légale, publique et modérée, mérite d'autant plus à remarquer que l'ordre légal de l'Autriche était inacceptable à Venise. Daniele Manin appartenait à une famille israélite. Un de ses ascendants ayant eu pour parrain, lors de sa conversion au catholicisme, le frère du dernier doge, prit son nom. A dixsept ans docteur en droit, très vite il conquit la renommée d'un avocat intègre, riche en ressources et doué d'une lucidité vigoureuse de

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