‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirsChapitre 179 sur 260 · Né le 13 mai · texte numérisé non relu

Né le 13 mai

dialectique. A vingt et un ans il épousait une belle Vénitienne, dont il eut un fils et une fille. Sa vie privée étroite, souvent besogneuse, était attristée par le mal inguérissable de sa fille adorée Émilia; lui-même souffrait delà maladie de cœur, incurable aussi, par laquelle il fut prématurément emporté. c( L'action de vivre, écriyait-il, considérée en elle-même, dans une personne saine, devrait être un plaisir; en moi, depuis mon enfance elle a été toujours un effort et une peine; je me suis toujours senti fatigué. » Son visage, au front vaste et intelligent, illuminé quelquefois par un sourire fugitif, exprimait surtout la force et le calme de l'autorité. A le regarder on comprenait sa réponse à quelqu'un qui l'engageait à écrire ses souvenirs : « Je ne peux pas écrire, je ne sais rien faire, je ne suis bon qu'à gouverner les hommes. »

C'était aussi le don du Hongrois François Deak'. Il appartenait à la noblesse moyenne et au barreau. Dès l'âge de vingt-deux ans, envoyé comme député à la Diète par le comitat de Zala, il y trouva le brillant Szeceenyi, Wesselonyi à la voix de tonnerre, Eotwos à l'ample parole. Il fut bientôt rejoint par le jeune Kossuth, dont l'éloquence opulente, chaude, aux images poétiques et aux mouvements imprévus, ravissait et subjuguait. Lui, un peu épais de taille, les épaules larges, vêtu à l'ancienne, se levait

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