‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirsChapitre 198 sur 260 · RECRUDESCENCE BONAPARTISTE · texte numérisé non relu

RECRUDESCENCE BONAPARTISTE

frères, près de Neuilly, le long d'une des allées par lesquelles le cortège s'avançait. Nous l'attendîmes longtemps, grelottant et souffrant cruellement; mais un grand cri s'élève, semblable à une clameur de l'Océan : Le voilà ! Aussitôt les souffrances de l'attente sont oubliées, les tètes se découvrent et une immense acclamation s'élève vers le ciel. « J'ai pleuré ce jour-là, disait un autre spectateur, quand j'ai entendu ce cri d'amour oublié depuis longtemps : Vive l'Empereur' ! » A quelques pas de nous un Anglais juché sur une chaise restait couvert; mon père, le républicain, bondit vers lui, d'un revers de sa main fait sauter son chapeau en l'air, criant, à l'applaudissement de la foule : « Découvrezvous ! ))

Jour glacé, soleil pur, oh ! reste dans l'histoire Du funèbre triomphe impérial flambeau, Que ce peuple à jamais te garde en sa mémoire, Jour beau comme la gloire Froid comme le tombeau - 1

Un autre poète, Mickiewicz, poussa l'apothéose encore plus loin, jusqu'à la déification. Il appartenait à cette secte polonaise qui, désespérant de tout secours humain, croyait qu'un messie envoyé du Très-Haut viendrait délivrer la nation crucifiée. Pour lui. Napoléon, le précurseur de ce messie, n'est ni un Français, ni un Italien, ni un Polonais, ni un Russe, c'est l'homme,

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