Discours du 20 janvier
G. Discours du 6 février 1847.
la France, politique séculaire, faite par une expérience de quatre siècles, qui n'a pas changé et qui ne peut pa^i changer tant quune commotion terrestre ne mendra pas déchirer et déplacer les territoires du continent européen. » (Mouvement prolongé.) Et quand pour blâmer cette politique généreuse et prévoyante on affectait de s'alarmer de l'isolement auquel elle nous condamnait, il ripostait : « Un contre quatre ! je ne fais pas de rodomontade; mais je dis : Ce n'est pas dans l'action que cette position est mauvaise pour la France, c'est dans les négociations (Sensation — applaudissements à gauche) ; c'est dans les conférences, dans les souterrains des congrès diplomatiques, c'est dans ce que vous appelez le concert européen que cette position de la France un contre quatre est une trahison f Bravos à droite et à gauche) ; mais au grand jour, au soleil, c'est autre chose!... Ils ont, eux, leurs jalousies, leurs défiances, leurs rivalités; nous avons, nous, notre unité puissante, notre attachement au droit, la résolution de protéger tous ceux qui ont besoin que le droit les maintienne dans le monde. Nous avons cela pour notre force. Nous ne portons pas attachées à nos bras une Pologne ou une Irlande. (Acclamations prolongées.) Nous sommes libres; nous n'avons pas même chez nous, grâce à notre caractère, à ce qui forme les êtres sur le sol de la France, nous n'avons pas niême l'embarras des partis. Je n'en connais pas... laissez-moi le dire, je n'en connais pas un seul où il y ait un homme assez cou-
pable, assez peu digne d'être Français pour que, le jour où vous porterez noblement, fièrement, sincèrement devant l'Europe la question de ces intérêts français, quand il s'agira de l'intégrité de notre influence et de nos droits, pour qu'il y ait un homme de parti qui conserve le ressentiment, je n'en connais d'assez haïssable nulle part. » (Acclamations générales.) — Que n'a-t-il été encore vivant le 15 juillet 1870 !
Les inconséquences, les partis pris, les contradictions, les intempérances, les indiscrétions, les fanfaronnades, les fausses interprétations, les calomnies, les injustices des oppositions depuis 1815, ont coûté à notre pauvre pays plus que plusieurr Waterloo !