‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirsChapitre 98 sur 260 · Mémoires, t. V, p. 83, 160, 310; t. VI, p · texte numérisé non relu

Mémoires, t. V, p. 83, 160, 310; t. VI, p

aux autres la suprême naïveté d'attacher du sérieux à ses maximes, il reprit sa défroque révolutionnaire, rejetée jadis, désavoua ses désaveux de 1815 et, pour célébrer l'abolition de cette monarchie légitime dont il s'était constitué le pontife quinze ans auparavant, il retrouva sa voix de l'Assemblée constituante ^

La nouvelle monarchie fut très empressée à accueillir le concours de ce relaps expérimenté de la palinodie. Malgré la résistance honnête de Mole, elle confia « à ses mains si expertes en fait d'évolutions le soin de l'accréditer en Europe vaille que vaille, advienne que pourra- », elle l'envoya comme ambassadeur à Londres, le seul iHjint où une coalition pût se faire ou se défaire. Tout transporté de joie de remonter sur le tréteau, Talleyrand partit en annonçant qu'il allait assurer le bonheur des deux nations et la paix du monde.

Les dispositions du gouvernement anglais s'annonçaient favorables. Le roi, d'humeur libérale, était sympathique à notre pays et ses ministres ne l'étaient pas à Charles X. Satisfaits d'un renversement dans lequel sombrait l'alliance russe ils espéraient du nouveau gouvernement, qui n'était pas l'auteur de l'expédition d'Algérie, l'abandon d'une conquête à laquelle ils ne se résignaient pas.

L'envoi de Talleyrand à Londres ne suffisait cependant pas à caractériser la véritable pensée

i. A Madame Adélaïde.

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