‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 2)Chapitre 101 sur 240 · Lamartine · texte numérisé non relu

Lamartine

privée, mais vulgaire, avare, superstitieux, sans foi ni loi dans sa vie de souverain ; ne manquant pas de saillies, mais ignare et cynique, il étala sans retenue les laideurs de l'absolutisme étroit et persécuteur. Il ne fut dépassé en despotisme sauvage que par François IV de Modène : celui-là envoyait au supplice ceux, tels que Menotti, qu'il avait lui- même encouragés, excités à Taction.

Le trait commun à tous ces despotismes princiers était la subordination aux ordres de l'Autriche. Metternich conduisait en véritable souverain la plupart des principautés italiennes, et la malheureuse Italie, même dans les régions où elle paraissait régie par des princes indépendants, ne formait qu'une annexe de la monarchie des Habsbourg, un fief de l'Allemagne autrichienne.

A Rome on avait d'abord résisté. Le secré-

taire d'Etat, Bernetti, homme d'affaires et de plaisir*, parut disposé à accorder quelque satisfaction aux conseils de réformes des puissances : il étendit un peu les institutions municipales; ne s'affranchit pas entièrement dans ses répressions des règles de la justice et de l'humanité; surtout il essaya de procurer au Saint-Siège une force propre qui le dispensât de requérir à tout propos l'intervention étrangère. Cela suffit pour que Metternich exigeât du Pape son renvoi et son remplacement par un homme lige de l'Autriche, le borné et servile Lambruschini.

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