A John Russell, 9 août
rer en nous plaçant dans un rang subalterne. C'était attendre de notre longanimité plus qu'elle ne pouvait accorder. Talleyrand reçut Tordre d'exiger que la France fût admise comme co-contractante, stipulant au même titre que l'Angleterre. Après maintes difficultés il l'obtint, et l'alliance devint quadruple (22 avril 1834). Malgré tout la situation ne fut pas égale : l'Angleterre était admise à coopérer sur-le-champ, par une force navale, aux opérations militaires que les troupes espagnoles et portugaises allaient poursuivre en commun contre Miguel et Carlos, le roi des Français s'engageait seulement à « faire tout ce que lui et ses augustes alliés détermineraient d'un commun accord ».
Selon l'observation de Papinien : Plus est in opinions quant in veritate, dans les affaires des hommes, ce qui paraît a plus d'importance que ce qui est. Cette négociation, par laquelle s'était manifestée une fois de plus la malveillance de Palmerston, fut considérée comme un témoignage de plus de son amitié ; il fut admis que l'alliance des cabinets libéraux s'opposerait partout désormais à l'action rétrograde des cours de la Sainte- Alliance.
§4. — LA GUERRE ENTRE MÉHÉMET-ALI ET LE SUL- TAN. — INTERVENTION DE LA RUSSIE. — TRAITÉ d'uNIKIAR-SKELESSI. — STRATFORD-CANNING RE- FUSÉ PAR NICOLAS.
La passion que Palmerston, toujours tout entier à une seule affaire, dépensait dans sa compétition espagnole, lui permit à peine de s'apercevoir de ce qui se passait dans cet Orient sur lequel le Foreign Office y eîiWçi habituellement avec tant de sollicitude. Les événements qui s'y déroulaient étaient cependant très importants. Méhémet-Ali, irrité de n'avoir pas obtenu du sultan la Syrie pour prix de sa coopération contre l'insurrection hellénique, avait lancé son fils Ibrahim en Syrie et en Anatolie. Le sultan, battu à Konieh (21 décembre 1832), menacé dans Constantinople, en dépit des conseils du cabinet français, avait sollicité et obtenu le secours de l'empereur Nicolas. La flotte russe vint jeter l'ancre dans le Bosphore; cinq mille hommes débarquèrent sur le rivage asiatique. « Il ne s'agit pas d'une intervention contestable, avaient répondu les Russes à nos objections, le sultan a sollicité des secours, le Tsar les lui a envoyés avec la ferme résolution de les retirer aussitôt qu'on lui en témoignerait le désir; il s'agit donc de l'assistance à un allié, non d'une intervention. »
Le cabinet français, quoique très animé contre