POLITIQUE DE PALMERSTON
les attaques, de quelque côté qu'elles vinssent; il n'admettait pas que l'Italie détruisît seule les garanties stipulées parlestraitésdel814et 1815*. Sur tout le reste les deux ministres différaient. Palmerston ne reconnaissait à aucun gouvernement le droit de blâmer ou de gêner un souverain dans les améliorations opérées dans ses États et de s'immiscer ainsi dans l'exercice de l'une des attributions les plus inaliénables de la souveraineté. Il ne partageait pas l'aversion de Metternich pour les réformes, il les jugeait au contraire des actes de sagesse, et il les conseillait; des concessions réfléchies accordées à temps à titre gracieux et spontanément, préservent des changements irréfléchis arrachés par la nécessité et qui, constituant une capitulation du souverain vis-à-vis de ses sujets, n'offrent aucune garantie de solidité ni d'avenir^ Il estimait peu judicieux de résister à tort à ce qui est actuellement raisonnable parce qu'on aura raison de résister demain à ce qui sera insensé ^
En Italie, il envova lord Minto avec la mission de « pousser les souverains et de retenir les sujets », de combattre Mazzini et sa secte qui voulaient bouleverser les délimitations territoriales et d'encourager les princes, à Rome, à Naples, à Florence, à Turin, à accorder des
i . Metternich, t. VU, p. 422. — Guizot, Discours du 'M janvier 1848.
2. Dépêche circulaire aux agents anglais en Italie de janvier 1848.