‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 3)Chapitre 39 sur 113 · Né à Autuii le 26 avril · texte numérisé non relu

Né à Autuii le 26 avril

posées déjeunes recrues, conduites par un chef sans décision, lâchaient pied ou étaient repoussées , je contenais avec peine le gros de la masse ouvrière, en attendant des renforts d'Aix et de Toulon. Sur ces entrefaites on annonce que le général Changarnier arrive, entre dans le port, amenant quelques troupes. 11 vint à la Préfecture. Je vis un homme petit, élégant, un peu dameret, la taille serrée dans son uniforme comme dans un corset, affable, familier. Il écoute mes renseignements, et soudain se transforme: il devient ferme, solennel, imposant ; d'un coup d'oeil lucide il juge la situation, donne des ordres précis* en quelques brèves paroles, communique aux autres la confiance qui était en lui. Ses troupes furent débarquées ; les nôtres reprirent leur moral ; quand le soir il quitta Marseille, il n'y avait plus d'insurrection.

On ne se contenta pas d'installer Changarnier à Paris ; à Lyon on maintint un important commandement militaire entre les mains de Bugeaud, le plus grand soldat du temps. C'était une réserve mobile, couvrant les derrières de l'armée de Paris contre les turbulences delà démagogie méridionale, et pouvant accourir au secours de la capitale si Changarnier était en péril.

Qu'on considère dans le maréchal Bugeaud le soldat ou le citoyen, on lui doit également sympathie et admiration. Soldat, il a possédé toutes les qualités du capitaine consommé; il a été l'éducateur qui, par le précepte et par l'exemple, a transmis à l'armée nouvelle les leçons laissées

par les héros de la Révolution et de TEmpire. Citoyen, il s'est montré sous tous les régimes un des défenseurs les plus imperturbables du bon sens social. Blaye fut la tristesse et non la honte de sa carrière : il y a rempli humainement une mission cruelle.

Changarnier ne peut se placer à côté de Bugeaud que comme Télève à côté du maître, toutefois élève non indigne. L'un et l'autre étaient également doués de cette bravoure lucide qui rendait sur le chitmp de bataille Masséna incomparable, et de cette autorité de commandement dont Napoléon reste le type inimitable. Il y avait en Bugeaud plus de simplicité, presque de bonhomie ; en Changarnier plus d'emphase et de fanfaronnade. En un point on ne saurait prononcer lequel l'a emporté sur l'autre : c'est dans la vaillance toute morale, dans ce courage de deux heures du matin, selon l'expression de Napoléon, qui affronte les hasards périlleux de la responsabilité. La plupart de nos généraux, superbes d'entrain lorsqu'ils ont reçu un ordre positif, deviennent incertains eteflFarés dès qu'ils se sentent livrés à leurs propres inspirations. Bugeaud et Changarnier étaient de ceux qui savent aussi bien exécuter les ordres reçus que s'en donner à eux-mêmes.

Ces chefs de l'armée, pas plus que les ministres, n'étaient attachés au Prince et ne crovaient à son avenir et à sa valeur intellectuelle ; ils ne l'acceptaient que comme une transition à subir. Bugeaud se trouvait depuis le 24 février en rela-

tions directes avec le comte de Chambord ; Changarnier ne déguisait pas ses affections orléanistes et son horreur de toute république.

Voici donc quelle était à l'intérieur la situation de Louis-Napoléon lorsqu'il prit possession de riÉysée : refus de concours du parti républicain modéré; agression déclarée du parti radical ; méfiance presque hostile de ses ministres ; l'armée entre les mains de deux chefs dévoués à l'ordre social, au moins indifférents à sa personne, se rattachant à une tradition ennemie : entre le peuple qui lui appartenait et les classes bourdonnantes qui l'avaient combattu, aucun intermédiaire autorisé ; quelques amis personnels sans prestige, plutôt compromettants ; une force immense dans une complète solitude. Il fallait être un homme d'État hors ligne pour se tenir debout, puis marcher au milieu de tant d'embûches. C'est ce que fît, avec une dextérité à la fois souple et audacieuse, celui en qui Thierset ses amis n'avaient su apercevoir qu'un cî'étin .

Dès le début l'accord officiel avec le ministère manqua de se rompre. Malleville ne communiquait à son chef ni les dépêches télégraphiques ni les rapports de police; il rédigeait, sans le consulter, pour les journaux, les articles qui lui étaient personnels; enfin, il le blessa plus directement. Le Prince réclamait la communication de seize cartons relatifs à son procès sous Louis- Philippe. Il eût été étrange qu'à lui seul, maître du pouvoir, il restât interdit de jeter les yeux

sur des documents dont ses ministres étaient libres de prendre connaissance. Malleville cependant opposa un refus sec à ce désir naturel. Qu'était-ce dire sinon qu'on ne lui communiquait pas les pièces de crainte qu'il ne les rendît pas? Le Prince ressentit l'outrage. « Je m'aperçois, écrivit-il à Malleville, que les ministres que j'ai nommés veulent me traiter comme si la fameuse constitution de Sieyès était en vigueur, je ne le souffrirai pas. » Malleville répond par sa démission ; le cabinet tout entier le suit.

Le Prince n'avait pas attenté à la dignité de ses ministres, il avait défendu la sienne. Cependant, désireux d'éviter un éclat de début et aussi de se donner le temps de se reconnaître, il consentit à prier ses ministres de retirer leur démission, et il exprima h Malleville son regret d'avoir, « dans un mouvement d'humeur, manifesté un déplaisir que celui-ci avait pris pour une offense. » Lettre d'excuses pour la forme vive de l'acte, non pour l'acte lui-même. Malleville le comprit ainsi et il refusa de reprendre sa démission. Son ami intime Bixio le suivit, ce qui élimina le seul républicain du cabinet.

Léon Faucher remplaça Malleville à l'Intérieur. C'était le geôlier rébarbatif en remplacement du geôlier sans façon. Ce remaniement ne fut pas sans quelque bien, il introduisit aux affaires un jeune député, dont le nom est devenu célèbre, Buffet. Ce nouveau ministre se montra éminent par l'éloquence, le sérieux et la droiture de

l'esprit, l'inflexibilité de la conscience, la connaissance approfondie des affaires ; le tout rehaussé par une modestie mêlée de bienveil lance ; il commença ainsi en maître cette longue carrière dans laquelle ni son talent ni son caractère n'ont faibli un instant.

En outre, à ce conflit le Prince gagna un peu plus de respect. On laissa davantage « cet excellent jeune homme ï), comme disait Odilon Barrot, maître de quelques-uns de ses actes. On se résigna notamment à ne pas lui imposer un vice-président antipathique et on ratifia son choix de Boulay de laMeurthe. Du reste il fallut bien maintenir provisoirement l'accord dans la maison, car la rue frappait à la porte pour l'enfoncer.

Le mouvement profond auquel le Prince avait dû son élection ne se ralentissait pas. A la première revue qu'il passa sur les quais et sur les boulevards, en costume de général de la garde nationale, suivi d'un nombreux état-major, en présence de Changarnier, les soldats, malgré l'interdiction réglementaire de faire des manifestations sous les armes, le saluèrent par des cris (le : « Vive Napoléon », faiblement mêlés do ceux de : « Vive la République ! » Quelques gardes nationales de banlieue crièrent même : << Vive l'Empereur ! » Dans sa visite des hôpitaux.

du Val-de-Grâce, de FÉcole polytechnique, de quelques établissements industriels, il avait suscité les mêmes enthousiasmes. Quand il entra dans sa loge du Théâtre-Français la salle entière se leva en Tacclamant. Quelque parlementaire qu'on fût, il fallait bien cependant entendre de pareilles manifestations. Elles ne permettaient guère de considérer comme un soliveau celui à qui elles s'adressaient. Les attaques violentes qu'on lui prodiguait le permettaient encore moins. Certaines haines prouvent qu'on vaut beaucoup. La défaite avait exaspéré celle des ennemis du Prince. Aux États-Unis, les luttes présidentielles sont ardentes, mais elles s'apaisent dès le lendemain du vote ; l'élu devient le président de tout le monde, et chacun de s'écrier : « Quel bon président nous avons ! » Telle n'est pas la coutume de nos démocrates. La souveraineté nationale leur est-elle propice, ils l'exaltent ; leur est-elle contraire, ils la bafouent, et malheur à celui qu'elle leur a préféré! Ils l'abreuvent d'outrages et de calomnies, et, sans souci de cette légalité qui ne leur est chère que quand elle les sert, ils préparent les agressions révolutionnaires. Ainsi se montraient-ils après l'élection du 10 décembre. Presque ouvertement ils organisèrent une levée d'armes contre le Président; leurs orateurs remplissaient les séances de motions injurieuses ; leurs journaux soufflaient la guerre civile; leurs sociétés secrètes la préparaient.

Changarnier voyait le péril. A peine en pos-

T. n. Il

session de son double commandement, il détermine les dispositions à prendre par chacun de ses officiers en cas d'alerte, les maisons à occuper, les patrouilles à ordonner. Il réunit les cliefs de Tarmée et de la garde nationale, discute avec eux les diverses éventualités d'un combat dans les rues, leur déclare que s'ils étaient coupés, isolés, ils n'hésitent pas à prendre les résolutions les plus vigoureuses, (ju(», qiKîl qu'en fût le résultat, il les couvrirait i\o sa responsabilité. Quand il est prêt il provoque la dissolution de la garde mobile, héroïque (Ml Juin, devenue depuis un élément de trouble o\ (rindiscipline. A cette mesure le ministère joini une demande d'interdiction des Clubs. Le parli dénuigogique croit l'occasion favorable, tlonnne prélude et signal du soulèvement, Ledru- Hollin dépose à la tribune la mise en accusation du ministère; Proudhon, s'attaquant à la personnt^ même du Président, demande dans le lUmfile sa déchéance. L*agitation est immense. Le Président qui, ù cette époque, avait coutume de consulter Thiers, lui dépèche Persigny. « Ce paNs est perdu, répond Thiers, nous allons tomber dans une anarchie épouvantable, TAssemldoe est dominée par les clubs, Ledru-RoUin maître de la situation: dans huit jours nous aurons la IVrivur et Têchafaud. » — Persigny \eut le rassui*\M\ w Non, reprend-il, il ne faut pasN abuMM\ Oites au Prince que je le plains et que je ne puis rien pour lui. ^ Persigny insiste *Mu vMv Vlors sorecutMUant. il dit : « J'en-

gage le Prince à faire venir de suite le maréchal Bugeaud et à proposer à TAssembléede se transporter dans une ville de province, à Châlons ou à Orléans, hors de l'action des clubs, sous la protection deFarmée*. >»

Il ne fut pas nécessaire d'attendre Bugeaud pour en finir. Léon Faucher fait fermer le local de la Solidarité républicaine, Changarnier ordonne d'arrêter vun colonel de la garde nationale suspect, et déploie ses troupes avec tant de résolution que lorsque le Président, vers le milieu du jour, se présente sur les boulevards, il ;ne trouve devant lui, au lieu d'insurgés, qu'une population enthousiaste dans laquelle les cris de : Vive Napoléon ! comme de coutume, dominaient beaucoup les cris de : Vive la Uépublique !

Supposez le Prince tel qu'on vous Ta dépeint, la volpe de Machiavel, le fourbe décidé dès le premier jour à violer le serment qu'il a prêté, l'ambitieux sans vergogne aux aguets pour s'élancer sur la légalité qui lui est confiée : il va se démasquer. Qui l'arrêterait ? la victoire a été facile, complète; les « bons » rassurés lui crient qu'il ne prendra jamais assez de pouvoir ; les « mauvais » déconfits croient prudent de se taire; ses amis l'excitent à pousser à bout ses avantages et à balayer une constitution impraticable. Quoi qu'il dise on le soupçonnera ; être soupçonné d'un acte n'est-ce pas dans cer-

K Persigny, Mémoires, p. 39.

tains cas un encouragement à Taccomplir? Les hommes d'importance dont il n'est pas encore séparé, Thiers, Mole, Victor de Broglie, Changarnier, se réunissent autour de lui pour délibérer s'il ne conviendrait pas d'en finir par la force avec une assemblée qui délirait et ne voulait pas mourir. Mole était irrésolu ; Victor de Broglie mal à l'aise et ennuyé ; Changarnier impatient; le Président réservé. Thiers marchait de long en large. Il dit « que les violences de l'Assemblée ne nuisaient qu'à elle et fortifiaient le pouvoir présidentiel, qu'il ne fallait pas gaspiller l'opération héroïque et douloureuse d'un coup d'État, tant que la maladie n'était pas devenue assez dangereuse pour justifier ce remède. » A mesure que Thiers parlait, la figure du Président s'éclairait, se détendait, visiblement satisfait de ces conseils d'abstention. « Avez-vous vu, dit Changarnier à Thiers en sortant, la mine du Président? C'est un » suit une expression d'un mépris débordant. De retour à son quartier général il dit à ses officiers, parmi lesquels le vicomte J. Clary qui Ta attesté : « Le Président a perdu aujourd'hui une belle occasion d'aller aux Tuileries. »

Cette résistance à la première tentation de coup d'État ne provenait pas d'un doute sur son opportunité, elle décelait un parti pris fermement mûri, car rien n'était plus net que la règle de conduite adoptée par ce prétendu rêveur.

Rétablir dans une assiette solide la France et FEurope non encore remises de la révolution de Février et menacées d'une révolution plus terrible encore; dissiper les cauchemars de l'avenir et assurer Tordre au dedans et au dehors, non Tordre de la réaction, non Tordre abêtissant du césarisme, Tordre d'épouvante du terrorisme, mais Tordre vivifiant du Consulat; Tordre assuré, les scélératesses réprimées, les utopies combattues, se consacrer à la réalisation pratique des aspirations généreuses et libérales de sa jeunesse, formulées dans son manifeste de candidat; se mettre à la tête des réformes, ne pas i^endre seulement des lois contre les excès, en préparer pour les améliorations. Une magistrature de quatre ans avec des pouvoirs trop limités et une constitution défectueuse lui paraissant insuffisante à réaliser quoi que ce soit de sérieux et surtout de définitif et à remplir la mission providentielle à laquelle il se croyait appelé par son nom et par les suffrages du peuple, il voulait obtenir un pouvoir plus long, mieux défini, plus énergique, au moyen d'une revision constitutionnelle librement accomplie par la nation entière, clairement et directement interrogée. Si cette prolongation lui était refusée, il descendrait du pouvoir à l'exemple de Cavaignac, sans avoir tenté une restauration dynastique par un coup d'astuce ou de force.

A chaque occasion le Président explique ainsi le fond même de sa pensée. A Tinaugura-

tion du chemin de fer de Compiègne à Noyon, il dit : « Les espérances que le pays à conçues à mon élection ne seront point trompées; je partage ses vœux pour raffermissement de la République ; j'espère que tous les partis qui ont divisé le pays depuis quarante ans y trouveront un terrain neutre où ils pourront se donner la main pour la grandeur et la prospérité de la France (25 février i849). » C'était la formulie que Tlîiers a adoptée depuis : « La République est le gouvernement qui nous divise le moins. » A un banquet à THôtel de Ville, il proteste « de son dévouement aux grands principes de notre révolution » (3 mai).

Les discours étaient Tunique moyen de révéler ses intentions futures, mais chaque jour il démontrait par des actes son ferme propos de sauvegarder la paix publique. 11 eût voulu rendre évidentes de même ses sympathies populaires et ses dispositions libérales. Ses ministres ne le lui permirent pas. Ils refusèrent par trois fois de déposer une proposition d'amnistie générale. Ils taxèrent de socialistes ses projets de charité légale, ne lui concédèrent que la mise à l'étude de la création de colonies agricoles destinées à venir en aide aux classes laborieuses en ramenant les ouvriers des villes aux travaux de la campagne.

La liberté de l'enseignement fut la seule de ses idées personnelles dont il obtint la complète et immédiate réalisation. On a attribué exclusivement à Falloux le mérite de cette ré-

forme fondamentale. Sans nul doute il Ta préparée avec Tassistance d'une commission extra-parlementaire * , toutefois c'est le Président qui, avant l'arrivée de Falloux aux affaires, l'avait annoncée et promise dans son manifeste de candidat; c'est encore le Président qui, après la retraite de Falloux, en a assuré le succès définitif. Ainsi un des premiers actes de pouvoir personnel du despote suscité pour l'extermination de nos libertés a été la promulgation d'une des plus essentielles libertés, vainement demandée jusque-là aux doctrinaires du parlementarisme !

Au surplus les dispositions des législateurs ne permettaient guère les réformes qui exigent de la liberté d'esprit. L'assemblée Constituante, depuis l'élection présidentielle, se débattait, avant de s'affaisser, semblable ii un taureau frappé à mort. Coup de corne à Changarnier, dont elle supprime le traitement. « Je les étrillerai gratis », répond le général. — Coup de corne à Léon Faucher, dont elle blâme une dépêche imprudente, et Faucher donne sa démission. — Coup de corne à Drouyn de Lhuys, qu'elle accuse de l'avoir trompé. Drouyn de Lhuys fait semblant de n'avoir pas été touché.

1. Dans cette Commission, composée de vingt-quatre membres (4 janvier 1849), Falloux appela les rédacteurs en chef des journaux religieux, en excluant Louis Veuillot, c'est-àdire l'écrivain supérieur qui, à lui seul, les valait tous. Une telle exclusion constituait une injustice et une offense que Louis Veuillot et ses amis ont eu le droit de ressentir.

Enfin, à bout de fureur et de résistance, elle consent à disparaître.

L'espérance générale était que les élections de la Législative (13 mai i849) allaient détendre la situation. Elles l'aggravèrent.

Les républicains modérés furent anéantis ; ils purent à peine faire passer 70 de leurs candidats ; Lamartine ne fut réélu nulle part. Au contraire les radicaux arrivaient au nombre de 180; les conservateurs obtenaient une majorité de 500 voix. Dans cette formidable majorité, les bonapartistes n'étaient qu'une mince poignée, le gros bataillon se composait de légitimistes et d'orléanistes. Le personnel bonapartiste manquait, et la compétition ne s'était produite qu'entre des républicains plus ou moins rouges et des monarchistes plus ou moins blancs. Le paysan avait préféré les monarchistes mais •il ne les avait pas nommés comme tels, car presque aucun d'eux, dans ses professions de foi ou ses discours électoraux, ne s'était réclamé du roi blanc ou du roi tricolore ; ils n'avaient parlé que de l'ordre social à préserver, et « ils avaient tous recherché et affiché la qualité de partisans du Président^ ». C'est ce qui avait déterminé leur succès. Ils avaient été élus pour

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