‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 3)Chapitre 51 sur 113 · Odilon Barrot, Mémoires, t. III, p · texte numérisé non relu

Odilon Barrot, Mémoires, t. III, p

cesse de gouverner dans l'intérêt des masses et non dans l'intérêt d'un pa^rti. »

Arrivé à Madrid l'ambassadeur blesse la reine Isabelle par le sans-gêne de ses façons, se met en rapport avec ses ennemis, professe hautement que la maison de Bourbon devrait être expulsée de gré ou de force des pays où elle régnait encore. La reine demanda son rappel, que le Président accorda incontinent à Drouyn de Lhuys*. Le prince Napoléon reprit alors sa place à l'Assemblée, où il ne négligea aucune occasion d'être désagréable à son cousin. Il entraîna dans sa querelle son père, dont les rapports avec le Président devinrent très froids.

S'il perdit ce concours utile, le Prince conquit celui bien précieux de Morny. Morny, des mains de sa grand'mère M""' de Souza, avait passé sur les bancs du collège Henri IV. Il s'y était lié avec le jeune duc de Chartres, futur duc d'Orléans, ce qui lui valut après 1830 d'être nommé d'emblée officier de cavalerie, sans examen, en qualité de héros de Juillet. 11 servit brillamment en Afrique comme aide de camp du général Trézel. Ambitieux de fortune et de pouvoir, il quitta l'armée, vint s'installer à Clermont-Ferrand, où il fonda l'importante usine de Bourdon. Il ne se contenta pas de séduire le monde riche, il venait s'asseoir familièrement sur le comptoir des petits bourgeois, leur offrant des cigares de choix, les entretenant de leurs affaires. 11 plut

Page 1