‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 3)Chapitre 62 sur 113 · TocQUEviLLE, Souveuirs^ p · texte numérisé non relu

TocQUEviLLE, Souveuirs^ p

LE MINISTÈRE DU PRÉSIDENT. 27a

le président a tué le prétendant, le magistrat l'emporte sur le conspirateur, et nous sommes forcés de convenir que la République, cette chaste fiancée du peuple, pour mettre sa vertu à Tabri des entreprises du Prince Louis et le tenir à distance respectueuse, n'avait rien de mieux à faire que de le prendre pour chaperon \ » Le fin et aristocratique Tocqueville ne raille pas, mais prononce que, décidément, ce prétendu César est un « épicurien épris de la passion des jouissances vulgaires et du bien-être et qui, dans les facilités du pouvoir, alanguissait son énergie et amortissait, rabaissait son ambition même ^ ». Ses confidents et ses amis, qui l'avaient autrefois connu si audacieux, se demandaient, déconcertés pourquoi il répugnait maintenant aux moyens décisifs. Il leur semblait entendre dans Tair une voix irritée lui criant : « Tu dors, César; Taigle étend au-dessus de ta tête ses ailes frémissantes et tu ne le vois pas; nous t'enverrons les corbeaux. »

Modifier une conduite parce qu'elle fait mal juger votre véritable caractère, marque qu'on n'est pas destiné aux grandes choses. Souvent le courage consiste à se laisser taxer de pusillanimité et la fermeté à paraître irrésolu. Le Prince laissa

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