A Langlois, 14 août
danger en 1852! tel n'était pas Tavis des contemporains. Écoutez quelques-uns des plus éminents, choisis parmi les adversaires du Prince. C'est d'abord Lacordaire qui, dès 1848, écrivait : « Il est manifeste que nous passerons par une bataille gigantesque dont celle de Juin n'est que le prélude* ? » C'est Doudan, fin observateur, reflet des hommes distingués réunis autour d'une femme d'élite. M"" d'Haussonville : « Il faut au moins dix ans d'une tyrannie tutélaire pour rendormir toutes ces horribles bêtes que réveille le bruit des révolutions*. » C'est Mole : « On se sent entraîné vers un avenir aussi obscur que redoutable. Si Dieu ne s'en mêle, je ne sais où nous irons ^ » C'est Albert de Broglie : « La Providence a jugé à propos d'annoncer une Ae% plus formidables crises politiques qui aient jamais plané sur une nation, non par de vagues pressentiments, mais par deux ou trois articles parfaitement clairs inscrits dans la loi fondamentale du pays. S'il y a de l'imprévu cette fois pour quelqu'un, c'est pour ceux qui ne veulent pas voir*. » C'est Dupin, président delaChambre: <( La gêne se fait sentir partout ; le commerce languit, l'inquiétude née de instabilité, obsède toutes les pensées et préoccupe toutes les imaginations'^. » C'est Lamennais : « Un funeste esprit