‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 3)Chapitre 82 sur 113 · ii) L^MPIRE UBËRAU · texte numérisé non relu

ii) L^MPIRE UBËRAU

excepté Baraguay d'Hilliers, ils ne font que faute sur faute.

Les princes d'Orléans ne le perdaient pas de vue : à toute occasion le duc dWumale lui écrit des lettres gracieuses. Néanmoins, le Président conquiert de plus en plus ses préférences : « Le message produit un bon effet, c'est droit et habile » (décembre 1850). Il est enchanté de l'expédition de Kabylie, et il salue d'une fanfare l'annonce de l'arrivée de Fleury. « Je lui réponds qu'il sera le bienvenu. Je lui ferai entendre une musique qui vaut mieux que celle des concerts de Paris. Cela lui refera l'oreille et lui donnera Tépaulette de lieutenant-colonel » (31 mars 1851). 11 conduit avec coup d'œil et succès la rude et sérieuse expédition qui lui est confiée contre des ennemis bien organisés. En quatrevingt jours il livre vingt-six combats, soumet quarante tribus.

Après un mois de conversations au bivouac, Fleury put se convaincre que le Président trouverait là un auxiliaire solide, et il rapporta cette assurance à Paris. Toutefois il n'veut alors aucun accord, même par sous-entendu, sur un coup d'Etat. Le 20 juin, après le départ de Fleury, Saint- Arnaud écrit : « Je n'^ai nulle envie de m'avancer ni de me compromettre dans la politique. Vois le triste rôle que joue à présent Changarnier. lia annoncé aux mandataires du peuple qu'ils peuvent dormir en paix. A qui croit-il faire peur? » Quand, le 10 juillet 1851, il reçoit à son bivouac une lettre autographe du Président, lui annonçant

qu'il est général de division : « Maintenant que fera-t-on de moi? Quon me laisse icu voilà mon vœu. Si Ton me consulte, y^ resterai ici ». Le 23 juillet de Philippe ville : « On dit que la première division de Paris m'attend. Mon Dieu je préfère bien rester en Afrique^ » Le 31 juillet, il reçoit à Constantine une dépêche lui apportant sa nomination au commandement d'une division active à Paris, et l'ordre de se rendre sur-le-champ à son poste. « Je ne te fais part, d'aucune réflexion sur la voie qui s'ouvre devant moi. C'est ma destinée. Je la suis. J'obéis. — J'aimerais mieux rester en Algérie, mais il faut obéir. »

Il arrive à Paris le 15 août, ignorant ce qu'on attendait de lui.

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