Pierre Lefranc, Le 2 décembre, p
arrivaient au pas de course. Sept des représentants, Schœlcher à leur tête, se précipitent hors de la barricade, s'avancent sur les soldats, et, d'une voix assurée, crient : « Au nom de la Constitution et de la loi que nous représentons, nous vous sommons de vous arrêter. — J'ai reçu des ordres, répond le capitaine Petit, et je le» exécute. » — El comme les représentants ne reculaient pas : « Mais vous voyez bien que vous êtes seuls et que tout ce peuple ne vous écoute pas; retirez-vous ou je fais tirer. — Tirez! crie de Flotte en découvrant sa poitrine. » — Le capitaine ne donne pas Tordre^ car on lui avait interdit de tirer le premier ; il crie : '< Croisez — ette! » Les baïonnettes s'abaissent, les soldats passent entre les représentants sans les toucher, lorsque part de la barricade un coup de feu et un pauvre conscrit est étendu raide mort. Les troupes ripostent par une décharge générale, Baudin, resté debout sur la barricade, tombe foudroyé. Ainsi la première victime fut un soldat, Baudin n'a été que la seconde. — Le faubourg demeura froid et insensible devant ce cadavre. « Cela parlait haut*. »
Du coup le comité de résistance renonce à provoquer des barricades : il évitera avant tout de se faire arrêter, afin de se maintenir libre pour l'effort suprême; chacun de ses membres portera son écharpe sur soi, mais pas visible*. La
1. Hugo. — Fleury se trompe lorsqu'il dit : « Cette fiïk tragique fut le brandon qui alluma Tincendie. ^) Elle n'alluma rien.