Second rapport du général Carrelet, 4 décembre
le dira. « Que faisions-nous pendant tout ce temps, nous autres représentants d'un peuple abusé ou sacrifié, mandataires d'une nation dont la vie normale était suspendue? Nous nous trouvions réunis au nombre d'une quarantaine, sous la présidence de V. Hugo, rue Richelieu, n° 15, au fond d'une cour, dans les appartements de l'un des nôtres, M. Grévy, qui lui-même était à Mazas. Nous entendions de près Thorrible fusillade des boulevards, le canon ébranlait les vitres, les cris aigus des blessés nous déchiraient le cœur', et nous frémissions de notre impuissance. Hugo se tenait debout au milieu de nous, pâle, non d'effroi, mais de cette sainte et terrible colère qui a éclaté plus tard en cris terribles et en œuvres impérissables*. » L'occasion paraissait cependant indiquée de revêtir les écharpes, de les rendre visibles, de forcer le tyran à les transpercer.
Le soir il y eut encore sur quelques points, notamment à la barricade du Petit-Carreau, où tomba le frère du représentant Dussoubs, une dernière convulsion du désespoir. Tout était fini. Les troupes campèrent sur les boulevards, au milieu des empressements d'une grande partie de la population. Celte population elle-même replaçait dès le lendemain les pavés et rétablissait la circulation.
i( Le Peuple recula, a dit Victor Hugo. Il
i. A cette distance, il fallait avoir l'ouïe miraculeusement fine.