‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirsChapitre 101 sur 155 · CAYOURàRaltazzi, i «"^ septembre · texte numérisé non relu

CAYOURàRaltazzi, i «"^ septembre

ment des sommations de se réformer auxquelles ils ne sauraient obtempérer sans s'avilir, et redoutant toutefois qu'ils n'aient cette résignation, il la leur rend impossible en écartant par ses manœuvres souterraines les concours qui leur seraient indispensables. Cantù et tous les Lombards qui secondèrent Maximilien furent mis à l'index. Le Roi, tourmenté par des scrupules religieux, manifeste-t-il la velléité de s'adresser directement au Pape et de s'entendre avec lui , Cavour alarmé supplie ses collègues Rattazzi et La Marmora de l'arrêter: « Nous sommes perdus s'il fait ce pas; l'édifice que depuis huit ans nous avons tant de peine à élever tombe aussitôt en ruines ; il nous est impossible de conserver notre influence en Italie, si nous venons à un accord avec le souverain pontife. Je suis loin d'être prêtrophobe; je suis même disposé à la conciliation et donnerais volontiers à l'Église plus de liberté qu'elle n'en a, en renonçant à Vexequatur^ au monopole universitaire, etc., etc.; mais je suis persuadé que, dans les circonstances actuelles, toute tentative d'entente tournerait à notre détriment*. » Ainsi il reprochait à Pie IX de se refuser à un accord et lorsque le Roi parlait d'en proposer un, il s'y opposait ; chaque matin avant le jour, il recevait Lafarina et organisait avec lui la trame révolutionnaire ; il envoyait dans les résidences italiennes des ministres dont les palais devenaient le ren-

1 . 'Non e posfiihile il conservare la nostra influenza en Italia. se veniamo a patti col pontefice. Lettres du !«' août, — da 3 août 1856.

dez-vous où les mécontents se rencontraient, s'affiliaient et se concertaient, tout en protestant f( qu'aussi longtemps qu'il serait en paix avec les autres potentats d'Italie il n'emploierait pas les moyens révolutionnaires et ne chercherait pas à exciter les tumultes ou les rébellions*. — Qu'estce que ce Lafarina dont vous vous plaignez? disait-il aux diplomates, je ne le connais pas.

Le chef-d'œuvre de son adresse fut la dextérité avec laquelle il se servit de la France et de l'Angleterre, et comment il sut, exploitant leur désir de conjurer la révolution, en faire les instruments les plus efficaces de cette révolution. « Nous ne souhaitons, leur dit-il, que le soulagement de nos malheureux compatriotes victimes du mauvais gouvernement à Naples et à Rome ; quoi que nous disions, nous n'obtiendrons rien, mais votre parole serait écoutée : parlez donc et bien haut; dénoncez les vices de ces deux détestables régimes ; obtenez-en la réforme, et vous aurez fait pour la pacification de l'Italie plus que les Autrichiens par leurs interventions. »

Or, dicter à un souverain, surtout par des notes tôt ou tard publiques, les règles de son gouvernement intérieur, constitue une atteinte mortelle à son indépendance. Le gouvernement ainsi admonesté, flétri, dénoncé, repousse-t-il les conseils? il se trouve placé au ban des nations, en quelque sorte hors la loi, et contre lui

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