‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirsChapitre 104 sur 155 · Bersbzio, t. VII, p · texte numérisé non relu

Bersbzio, t. VII, p

vrent une réelle tristesse^ » On s'était arrêté au projet d'une pétition à présenter au gonfalonier de Bologne avec prière de la soumettre au Pontife. L'approbation du plan étant venue de Turin*, une centaine de personnes se réunirent et envoyèrent un modèle de pétitions dans quelques villes ; on recueillit un certain nombre de signatures; la grande masse, de peur de se compromettre, s'abstint.

Pasolini, un des ministres de 1848 de Pie IX, n'en vint pas moins invoquer auprès du Pape (( les désirs des hommes honnêtes et sages »• — Quels sont ces hommes honnêtes et sages? répondit Pie IX. Vous, et après? — Il y a, fit Pasolini, Minghetti qui vous est resté fidèle en 1849. — Sans doute... Minghetti, je ne dis pas non, mais il appartient maintenant au Piémont qui est antireligieux et songe à s'emparer de toute l'Italie. — Pasolini n'en put obtenir davantage. — Et vous aussi, mon cher comte, lui dit le Pape les yeux pleins de larmes, vous m'abandonnez. — Puis il ordonna qu'on introduisît un général autrichien en attente dans l'antichambre.

11 reçut néanmoins Minghetti et l'écouta patiemment pendant deux audiences, le ramenant toujours aux deux idées par lesquelles son esprit était hanté : — La grande majorité ne réclame aucune réforme ; ceux qui en veulent n'y cherchent qu'à me dépouiller plus facilement. — Et à l'appui de ses refus il invoquait les violences criminelles

\ . Minghetti, t. III, p. 172.

par lesquelles on avait répondu en 1848 à ses initiatives libérales. 11 termina cette fois l'entretien allègrement: — Monsieur le Constitutionnel; que Dieu vous bénisse ; le monde est trop agité ; le moment est inopportun pour exiger des réformes. » On ne traita point le Pape aussi lestement que le roi de Naples. L'Empereur lui marqua cependant son mécontentement en lui retirant Rayneval, ambassadeur à sa dévotion et en lui substituant Gramont (septembre 1857). La bienveillance que ce dernier témoignait au Piémont, la connaissance qu'il avait de ses affaires faisait supposer, quoiqu'il fût très catholique et pas du tout révolutionnaire, qu'il se montrerait plus libre et plus disposé à conseiller et à résister. Gramont fut regretté à Turin; en servant son gouvernement avec beaucoup de zèle, il s'était montré toujours très amical et très conciliant; il emportait la sympathie universelle : plusieurs des journaux qu'il avait fait condamner regrettèrent son départ, tant était universel le sentiment qu'il avait puissamment contribué à resserrer l'alliance de la Sardaigne avec la France*.

Contraste piquant, tandis que Cavour s'occupait de bouleverser la maison d'autrui, il fut sur le point d'être chassé de la sienne par un retour

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