Le prince Albert au roi des Belges, 18 janvier 18o
prussien, d'en obtenir au moins une neutralité bienveillante. Il dirait en quelle considération le roi Victor-Emmanuel tenait la Prusse et son vif désir de cultiver des relations amicales avec une dynastie qui, elle aussi, avait une défaite à venger.
En passant par Paris, l'envoyé italien vit l'Empereur et en reçut des instructions analogues. 11 représenterait que l'intérêt de la Prusse était de rompre avec l'Autriche; en lui demeurant attaché elle se condamnerait à une immobilité funeste ; il faut qu'elle s'en dégage afin d'accomplir les grandes destinées auxquelles elle est réservée et que l'Allemagne attend d'elle.
Pepoli rapporta beaucoup de témoignages de sympathie et aucun engagement : on se retrancha derrière le respect des traités existants. Sa mission eut même un effet défavorable. Le Régent se hâta .d'en instruire la reine Victoria, le prince Albert et Léopold ; Malmesbury, jusquelà peu effrayé des inquiétudes de la Reine, les partagea et se mit à contrecarrer autant qu'il put le projet en éclosion.
Mais l'Empereur, l'homme aux résolutions tenaces, ne se déconcertait pas des difficultés, ne s'arrêtait que devant l'irréalisable. Sans se troubler de tant d'obstacles, il signa le traité secret qui donnait une forme concrète aux pourparlers de Plombières.