CHAPITRE XXII
C'est le prince Napoléon que l'Empereur eût voulu envoyer à Turin pour conclure. Cavour Ten détourna : « Votre voyage équivaut à la manifestation de nos projets ; or il est certain que cette manifestation prématurée aurait de graves inconvénients; l'éclair ne doit précéder la foudre que de quelques instants*. »
Villamarina étant au courant des arrangements de Plombières, la négociation put s'achever, et le 10 décembre 1858 fut signé le traité secret qui unissait définitivement le Piémont et la France.
Ce traité était en peu d'articles. Le premier stipulait que dans le cas où l'Autriche commettrait contre le Piémont quelque acte agressif; l'Empereur enverrait à son secours 200000 hommes et ne signerait la paix qu'après l'expulsion totale des Autrichiens.