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LE TRAITÉ SECRET DU 10 DÉCEMBRE i85S. 523
L'article second disait que le Lombarde- Veneto^les Duchés et les Légations seraient unis au Piémont et formeraient un royaume de la Haute- Italie composé de 11 millions d'habitants.
Le troisième article contenait la cession de Nice et de la Savoie à la France d'une manière inconditionnelle, absolue, sans aucune mention du vote des populations.
Une convention militaire conclue par des généraux déterminerait les conditions du commandement et de Faction des deux armées.
Il n'était pas question de la royauté de Murât à Naples; au profit du prince Napoléon, on ne stipulait que son mariage avec la jeune princesse de Savoie.
Le caractère du traité était exclusivement défensif. L'Empereur ne s'obligeait qu'au cas où l'Autriche commettrait un acte a gî^essif contre le Piémont, c'était la condition indeclinabile ; il n'était pas obligé soit à attaquer lui-même, soit à seconder une attaque du Piémont.
, Il est étrange que tant de personnages en
4. Nicomede Blanchi se trompe sur la date du traité et la reporte à tort au 18 janvier 1859, mais il en reconnaît le caractère purement défensif : « Napoleone dando un passo addietro dai primi accordi, aveva posto per condizione inde^ cUnabile dall' aiuto armato francese che il Piemonte fosse ag~ yredito dall* Austria (tome VIII, page 18j. Peu importerait qu'il y ait eu une modification aux accords primitifs, simples pourparlers provisoires, mais cela n'est pas exact. Même à Plombières, Tintention de l'Empereur était si bien de ne s'engager qu'au cas d'attaque, qu'au récit de Gavour, une grande partie de la conférence fut employée à chercher le moyen d'obliger l'Autriche à attaquer.
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Europe s'entretinssent du projet de l'Empereur et que son ministre des Affaires étrangères Fignorât encore. On se décida enfin à le mettre dans la confidence. Walewski, qui était crédule, mais digne et plein de son importance, s'irrita du peu de compte en lequel on l'avait tenu, et parla de se retirer. On Ten dissuada; il ne persista pas dans sa mauvaise humeur; il consentit à poursuivre la politique qu'il jugeait funeste et dont on s'obstinait à le faire l'interprète, en homme résolu à l'empêcher d'aller à ses conséquences nécessaires.
Nanti de l'engagement de l'Empereur, Cavour ne doute plus de rien. Il appelle Garibaldi ^20 décembre) , le charge d'organiser des volontaires et lui annonce qu'il va admettre les Lombards dans l'armée. « L'effet sera prodigieux », lui répond Garibaldi. — Il donne à Cavour l'assurance que tous les éléments révolutionnaires sont avec lui, qu'il n'y a plus de partis, qu'il est omnipotent, qu'on appelle une dictature militaire, et qu'il ne doit pas hésiter à l'établir. Il retourne à Caprera attendre l'appel décisif.
Envers les étrangers, Cavour ne prend plus la peine de dissimuler. Odo Russell se rendant à Rome s'arrête à Turin ; il lui dit qu'on devait s'attendre à un hiver intéressant parce qu'il était
en train de remettre sur le tapis la question italienne et de libérer Tltalié du joug autrichien; que si l'Autriche déclarait la guerre, l'opinioD serait favorable aii Piémont. — Elle ne commettra jamais, repartit Russell, une aussi énorme erreur. — Je Ty contraindrai, répondit Cavour, — Il est fou ! écrivait Russell à Malmesbury en lui rapportant cette conversation.
Le Roi a grand'peine également à se contenir^ Le premier de Fan, sur la recommandation de Cavour, il avait été très circonspect en recevant les diplomates, les Chambres, les généraux; arrivé aux magistrats, il n'y tint plus. L'orateur ayant parlé des choses grandes accomplies pendant les années écoulées, il s'écria : « Uanno che comincia non canzonerà *. Eh bien ! dit-il à Cavour, pardonnez-moi, mais je l'ai faite (l'imprudence). — Avec qui? — Avec les magistrats, gensessentiellementpacifiques ! Que voulez-vous, j'ai suivi votre conseil autant que cela m'a été possible, mais je n'en pouvais plus. »
A Paris aussi, l'Empereur n'y tenait plus, et malgré ce qui avait été convenu, par inadvertance, il fit, précéder sa foudre de beaucoup par l'éclair.
A la réception du 1®^ janvier 1859, il passe devant le nonce sans lui adresser la parole, s'approche de Hùbner, l'ambassadeur d'Autriche, et lui dit d'un ton grave : « Je regrette que nos relations avec votre gouvernement ne soient pas