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effet, une garantie à ses intérêts et une satisfaction à son juste orgueil. Ce rétablissement garantit ses intérêts en assurant Favenir, en fermant Tère des révolutions, en consacrant les conquêtes de 89. Il satisfait son juste orgueil parce que, relevant avec liberté et avec réflexion, ce qu'il y a trente-sept ans l'Europe entière avait renversé par la force des armes au milieu des désastres de la patrie, le peuple venge noblement ses revers sans faire de victimes, sans menacer aucune indépendance, sans troubler la paix du monde. » Le 7 novembre 1852, un Sénatus-Consulte décida que le plébiscite suivant serait proposé au suffrage universel : « Le peuple veut le rétablissement de la dignité impériale dans la personne de Louis-Napoléon Bonaparte, avec hérédité dans sa descendance directe, légitime el adoptive, et lui donne le droit de régler Tordre de succession au trône dans la famille Bonaparte ainsi qu'il est prévu par le Sénatus-Consulte du 7 novembre 1852. »
Le Prince Jérôme eût voulu être désigné avec son fils nominativement dans le Sénatus-Consulte et dans le plébiscite comme héritiers du trône à défaut d'héritiers directs, légitimes ou adoptifs. Le Sénat s'y était refusé à cause de l'aversion que lui inspiraient les opinions politiques et surtout religieuses du Prince Napoléon. Le nouvel Empereur, usant du droit que le Sénatus-Consulte lui conférait, fit ce que le Sénat avait refusé; mais cela ne constituait pas au profit des Jérôme un droit plébiscitaire irrévocable; TEm-
pereur restait le maître de détruire ce qu'il avait établi .
Le résultat du vote n'était pas douteux, car la nation, qui se fût certainement contentée d'une présidence républicaine viagère, était résolue à ne rien refuser au Prince qui venait de la sauver. Pour bien établir que le vote était éclairé, le Moniteur publia une diatribe furibonde de Victor Hugo et de ses amis et une protestation méprisante du comte de Chambord. Il y eut 7824129 oui, contre 253145 non. Malgré la désapprobation générale qui, au dire des hommes de parti, avait accueilli certains décrets dictatoriaux, le Prince gagnait près de 400 000 voix. «Un jour, a dit Jules Ferry, les masses agricoles montrèrent qu'elles pouvaient ?;oM/oir. Le paysan voulut couronner sa légende, et d'un mot fit l'Empire. Ce mot-là fut passionné ^ libre,, siiicère,
11 le répéta trois foisK »
L'Empereur se contentait de la liste civile de
12 millions fixée par ses ministres. « La simplicité de ses goûts lui faisait redouter plus que désirer les facilités d'un luxe royal ; il ne lui déplaisait peut-être pas, tout en satisfaisant son goût personnel, de se donner, par sa modération, le caractère d'un Washington couronné \ » Mais Persigny voulait un Empereur luxueux et prodigue, la main ouverte aux malheureux et à ses amis, éblouissant la multitude par son faste. Comment y arriver avec une liste civile moin-