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CHAPITRE XXIV

Cet imbroglio pacificateur paraissait devoir s'éterniser. Alors TEmpereur sort de son flegme apparent; il répond à la nouvelle proposition anglaise qu'en ce qui le concerne, il accepte le désarmement, mais il ne le conseillera pas au Piémont. En même temps il télégraphie à Cavour de déclarer que « si le Piémont eût été admis au congrès sur le même pied que les cinq grandes puissances, il se serait soumis aux mêmes engagements, mais qu'étant exclu, il se garde libre ». Walewski, poursuivant sa politique propre, écrit au contraire d'accepter : « Le Gouvernement français, pourrait être entraîné à s'unira l'Angleterre. En acceptant, le Piémont supprimera bien des difficultés. » Cavour ne tient aucun compte de l'avis de Walewski et se conformant aux indications de l'Empereur télégraphie (17 avril) : « Si la Sardaigne avait été admise au congrès sur le pied des grandes puissances, elle pourrait accepter, comme Ta

fait la France, le principe du désarmement général avec Tespoir que son assentiment ne produirait pas de conséquences fâcheuses en Italie. Son exclusion du congrès ne lui permet pas de prendre un tel engagement et encore moins celui que r Angleterre réclame. Toutefois, pour concilier autant que possible son désir de seconder les efforts de l'Angleterre avec ce qu'exige sa sûreté et le maintien de la tranquillité en Italie, la Sardaigne déclare que si T Au triche cesse d'envoyer de nouvelles troupes en Italie, elle s'engage : 1"* à ne pas appeler sous les armes ses réserves, ainsi qu'elle était décidée à le faire depuis l'appel des réserves autrichiennes ; 2"* à ne pas mobiliser son armée qui n'est pas sur le pied de guerre ; 3** à ne pas [mouvoir ses troupes des positions purement défensives qu'elles occupent depuis trois mois (17 avril). »

Assuré de la docilité de Cavour, l'Empereur se retourne vers le cabinet anglais et lui dit : « La condition à laquelle le Piémont subordonne son désarmement est juste; exigez avec moi son entrée au congrès avec voix délibérative, et je somme immédiatement Cavour de se rallier au désarmement général, même avant le congrès (18 avril, 4 heures). » Le cabinet anglais se rend à cette espèce d'ultimatum, modifie une fois encore ses propositions et consent à l'admission des États italiens sur le même pied qu'à Laybach, c'est-à-dire dans une parfaite égalité de toutes les puissances délibérantes. Aussitôt Walewski télégraphie à La Tour-d'Auvergne Târ-

rangement conclu, Tordre de le communiquera Cavour et de lui demander impérativement* d'y souscrire sans délai.

Dans les crises imprévues — et dans quelles grandes affaires n'en survient-il pas? — l'esprit incomparablement lucide et courageux du ministre piémontais perdait tout à coup sa clairvoyance; absorbé pendant un temps plus ou moins long par une idée fixe qu'il grossissait outre mesure, il s'abandonnait à des transports furieux de découragement. Fortes etiam subitU terreri. Le télégramme de Walewski produisit une de ces éclipses de sang-froid. Il arriva dans lanuitdu 18au 19, etLaTour-d'Auvergnel'envoya aussitôt par un secrétaire d'ambassade. On dut réveiller Cavour. Il lut fiévreusement "et ne comprit pas ; il interpréta comme un abandon définitif ce qui allait amener la réalisation de ses vœux ; il se leva comme en délire sur son lit, les yeux dilatés, se battant convulsivement le front avec ses mains, et s'écriant : « Une me reste plus maintenant qu'à me donner un coup de pistolet, et me faire sauter la tête. »

Deux heures après, le 19, il répondit avec colère : « Puisque la France s'unit à l'Angleterre pour demander au Piémont le désarmement préalable, le gouvernement du Roi, tout en prévoyant que cette mesure pourra avoir des conséquences fâcheuses pour la tranquillité de l'Italie, déclare être disposé à la subir. »

Cette réponse transmise, décidé à se faire sauter la tête, il ordonne que personne ne soit

introduit près de lui et s'enferme. Quelques amiS; qu'on refusa d'admettre, avertirent Castelli, un de ses familiers. Celui-ci accourt, force la porte, le trouve entouré de papiers déchirés ou qui brûlent dans la cheminée. 11 lui dit d'une voix entrecoupée : « Dois-je croire que le comte de Cavour veuille déserter le champ de bataille avant le combat? qu'il veuille nous abandonner tous? » — Les sanglots l'interrompent. Cavour se lève, l'embrasse convulsivement, hors de lui, tourne quelque temps dans la chambre^ puis s'arrêtant court, les yeux fixes, lui dit lentement : « Soyez tranquille, j'affronterai tout avec vous tous*. » — Il s'était retrouvé.

Son désespoir n'en était pas moins intense. 11 l'exprime dans une lettre à son intendant écrite à la fin de la même journée (5 heures du soir) : « Ne vous donnez plus de souci pour vendre promptement les bœufs gras, puisqu'il semble que la guerre n'aura point lieu. Nous conserverons nos vaches, mais nous perdrons la cause italienne qui paraissait toucher à une solution favorable. L'Empereur est trompé ou traître; il nous fait un mal irréparable en nous contraignant au désarmement. Je crois que je pourrai bientôt quitter un ministère que j'abhorre pour aller définitivement m'établir à Leri. »

Dès le soir même les paroles de réconfort lui parvenaient de toutes parts. D'abord ce furent deux télégrammes rassurants de l'Empereur et

i. Je tiens ce récit de Castelli.

du prince Napoléon, puis une chaude approbation de Massimo d'Azeglio : « Votre résolution est sage et opportune; elle a produit le meilleur effet ici et sera d'un grand embarras à TAutriche. » Et ce cœur généreux ajoutait : « Si vous le croyez utile à la tranquillité de l'Italie et au service du Roi, j'en accepte publiquement toute la responsabilité. »

Qu'allait répondre l'Autriche ? Toute la journée du 20, Cavour se le demanda anxieusement. Le 21, n'ayant encore rien reçu, il commença à respirer : « L'Autriche ne répond pas encore, dit -il; si elle refuse, l'Empereur l'aura devinée. » Cet Empereur qu'il vient d'accuser de trahison ou de niaiserie avait en effet deviné mieux que lui.

François-Joseph jeune, chevaleresque, fier, poussé par un parti militaire ardent, sentant sous sa main une magnifique armée qu'il était impatient de commander, animé d'un amer ressentiment contre le Piémont, ne doutant pas plus que Napoléon III de l'inutilité de toutes les négociations diplomatiques dont on l'obsédait, certain que l'empereur des Français ne s'y prêtait que pour gagner le temps de se préparer mieux, écrasé par les charges financières d'une attente ruineuse, fatigué de ces prêcheurs de patience et de modération toujours disposés à

être plats pour lecompted'autrui, François-Joseph n'était pas moins impatientque Victor-Emmanuel d'entrer en campagne.

Il était décidé à la guerre et s'y préparait résolument. Son armée prête, il avait envoyé l'archiduc Albert à Berlin afin d'obtenir de la Prusse qu'elle nous attaquât sur le Rhin tandis qu'il pénétrerait en Piémont (H avril). 11 lui offrait le commandement des troupes fédérales et l'alternance dans la présidence de la Diète. Le Régent, espérant encore que la guerre pouvait être évitée, refusa un engagement qui l'eût rendue immédiate. Il promit cependant de provoquer à la Diète des mesures dans l'intérêt de la sécurité commune et de rappeler les réserves de trois corps d'armée fédéraux prussiens.

François-Joseph put supposer qu'il obtiendrait plus tard le secours que, par prudence, on ne lui accordait pas actuellement, il se montra d'autant plus ferme à rompre les pourparlers diplomatiques. A plusieurs reprises il avait déclaré qu'il ne consentirait à aucun prix à ce qu'un de ses plénipotentiaires s'assît à côté de celui de Victor- Emmanuel ; on lui proposait cette humiliation. Sans même attendre la réponse de Cavour, vingtquatre heures avant, il fit ordonner au commandant de l'armée d'Italie, Gitilay, de sommer par ses officiers le gouvernement piémontais de désarmer dans trois jours.

Napoléon III fait aussitôt télégraphier : — (21^ minuit3/4.) Buolignore-t-il quesur la demandede la France et de l'Angleterre le Piémont a consenti

au désarmement préalable et cela sans conditions? S'il ne rignore pas, que signifie la sommation qu'il adresse à laSardaigne? — Elle signifie, répond Buol, que nous sommes à bout de patience; nous avons fait preuve, en présence des insolences et des provocations dont nous sommes incessamment Tobjet depuis trois ans, d'une longanimité dont aucune autre puissance ne voudrait donner un second exemple. Que nous importe que le Piémont accepte le désarmement, si on l'admet au Congrès? son exclusion formellement promise avait été la condition essentielle de noire acceptation, pourquoi nous manque-t-on de parole? On comprendrait la présence des petits princes italiens, puisqu'on discutera leur régime intérieur; que viendrait faire le Piémont dès qu'il est posé en principe qu'on ne remaniera pas à son profit les circonscriptions territoriales de 1815? — Aux représentations des ambassadeurs deRussie, de Prusse et d'Angleterre, Buolrépondit encore plus péremptoirement : il fit insérer au Journal officiel sa lettre de sommation à Cavour.

• Dès lors l'événement se précipite. Le 23 avril Cavour réunit la Chambre et lui demande les pleins pouvoirs législatifs et exécutifs et le droit de restreindre provisoirement la liberté de la presse et la liberté individuelle. Il sortait après le vote, lorsqu'un ami accourt etlui dit : — Ils sont arrivés (les officiers porteurs de l'ultimatum) ! — 11 se frotte bruyamment les mains et répond : — Je sors de la dernière séance de la dernière

Chambre piémontaise, la prochaine sera celle du royaume d'Italie. —

Le 24, il adresse à TEmpereur une demande officielle d'un corps d'armée de 50 000 hommes : « Le roi de Sardaigne verra ainsi resserrer les liens qui unissent déjà sa maison à la dynastie napoléonienne, et le Piémont tout entier lui vouera une reconnaissance impérissable. »

Le 26, notre chargé d'affaires à Vienne notifie à Buol que l'Empereur considérera comme un casus belli l'entrée en Piémont des troupes autrichiennes. — C'est la réponse du Piémont, dit Buol, qui décidera de notre conduite : je désire qu'elle écarte l'éventualité de l'entrée de nos troupes. —

Le même jour, Cavour à Turin donnait cette réponse : à 5 heures et demie, les trois jours expirés, il rejetait l'ultimatum. A peine les officiers autrichiens sortis de son cabinet, il l'ouvre à ses amis et leur dit joyeusement : « C'est fait, aléa jacta est. Nous avons fait de Thistoire... et maintenant allons dîner. »

On s'attendait pour le lendemain au passage du Tessin. On crut un instant qu'il était franchi; les Autrichiens n'auraient été arrêtés par aucun obstacle sérieux et pendant quelques heures le Pién^ont eût été à discrétion. Mais ils avaient compté sans leurs alliés les Anglais. Us con-

T. ni. 'è.'i

seillèrent à Turin d'invoquer les bons offices d'une puissance amie aux termes du 23« protocole du traité de Paris. Cavour fit la sourde oreille. Ils circonvinrent alors Buol. Ils avaient essayé de rinduire à retirer sa sommation, il avait refusé. — Mais, fit Loftus, vous vous aliénerez infailliblenient Fopinion publique en Angleterre et ailleurs. — Et nous, répondit Buol, n'avons-nous pas une opinion publique à satisfaire et un jeune et chevaleresque empereur à qui la dignité et l'honneur de son pays sont chers? »

Ainsi repoussé, le cabinet anglais, continuant à s'agiter dans le vide et à tenter l'impossible, reprit la proposition au travers de laquelle Gortschacow avait jeté son projet de congrès, celle d'une médiation unique et directe de sa part. — Buol répondit : « De médiation entre le Piémont et nous, à aucun prix; une médiation directe entre la France et nous, oui, mais à la condition préalable cependant d'un désarmement général immédiat. »

Cette fois la France était directement visée, car le 22 l'Empereur avait ordonné de concentrer plusieurs divisions sur les frontières, et de rappeler les hommes en congé renouvelable; le 23 il avait décidé la formation de cinq corps d'armée. Il répondit à l'interrogation anglaise qu'il ne lui convenait pas d'arrêter tous ces mouvements et de ramener en arrière ses troupes en marche vers les Alpes ; si un désarmement restait la condition préalable delà médiation, il ne l'accepterait pas; même cette difficulté réso-

lu«, il exigerait que la Russie fût associée à la médiation; du reste avant de donner son dernier mot il allait consulter un conseil extraordinaire. Ce conseil se réunit le 28, à deux heures. Y assistèrent, indépendamment des ministres, Tlmpératrice, le prince Jérôme, Morny, Troplong. « Il dura jusqu'à six heures, sans se comprendre ni s'entendre, écrit Vaillant dans son carnet. Personne, et l'Empereur moins que tout autre, ne disant ce qu'il pense. » — « On fut unanime néanmoins, notifia Walewski à Cowley*, à décider que si un désarmement était la condition préalable de la médiation, elle ne saurait être prise en considération. »

François-Joseph estima de son côté qu'on lui avait fait déjà perdre trop de ses avantages en retardant son attaque de deux jours. Le 29, il ordonna de commencer le passage du Tessin, et il appela ses peuples au combat : ^ La guerre que nous allons soutenir est juste, nous l'acceptons avec courage et confiance. Nous avons l'espérance de ne pas être seuls dans la lutte. Le terrain sur lequel nous allons combattre a été baigné autrefois du sang de l'Allemagne. C'est par là que nos astucieux ennemis ont commencé leur attaque chaque fois qu'ils ont voulu détruire cette puissance à l'intérieur. Le sentiment du péril est répandu dans toute l'Allemagne, depuis la cabane jusqu'au trône, d'une frontière à l'autre. C'est comme prince de la Confédération

-1. CowLEYà Malmesbury, le 28 avril. v

germanique que je vous signale ce péril commun. Je vous rappelle les jours glorieux auxquels l'Europe dut sa libération à l'ardeur et à la concorde de notre enthousiasme. »

Le 29 aussi, Victor-Emmanuel publia son manifeste de guerre. Il dit aux Italiens : « L'Autriche assaille le Piémont parce qu'ila défendu la cause de la commune patrie dans les conseils de l'Europe, et parce que je n'ai pas été insensible à vos cris de douleur. Ainsi elle rompt ellemême violemment ces traités qu'elle n'a pas respectés. Aussi aujourd'hui est entier le droit de la nation, et je puis en pleine conscience accomplir le vœu fait sur la tombe de mon magnanime père. Prenant les armes pour défendre mon trône, la liberté de mes peuples, l'honneur du nom italien, je combats pour le droit de toute la nation. »

François-Joseph provoquait le soulèvement de l'Allemagne, Victor-Emmanuel celui de l'Italie.

Cavour eut alors un touchant élan de cœur. Il se rappela le puissant penseur qui avait soutenu l'espérance nationale à l'heure sombre et qui lui avait prophétisé un glorieux relèvement; il télégraphia à Florence : « Courage, amis, nous donnerons à l'Italie le Rinnovamento conçu par Gioberti! »

Le casiis fœderis prévu à Plombières et dans le traité du 10 décembre s'ouvrait. L'Empereur n'hésita pas une minute à remplir son engagement. Depuis le 26, Buol savait qu'il considérait le passage du ïessin comme un casus

belli. En conséquence le 29, ce passage ayant été accompli, il rompit ses relations diplomatiques avec le gouvernement de François-Joseph et prit ses dispositions pour descendre en Italie.

Avant de s'éloigner l'ambassadeur autrichien, Hûbner, adressa à l'Impératrice Tadieu suivant : « Madame, je pars jiavré. Je suis Autrichien ; tous mes vœux et toutes mes espérances sont pour mon pays : je suis convaincu que nous serons vainqueurs; mais je ne puis pas me dissimuler qu'après une défaite de l'armée française, c'en sera fait du seul gouvernement régulier que la France puisse supporter, et que le contre-coup d'une révolution en France sera incalculable en Europe. »

La réprobation contre l'Autriche fut violente à Londres, à Berlin et à Pétersbourg : en attaquant la première, elle avait provoqué la guerre : elle ne méritait désormais aucune sympathie. — Le cabinet Derby se prononça avec d'autant plus de vivacité que jusque-là il s'était montré plus favorable.

Ce jugement était inique et superficiel.

Inique I Celui qui déclare la guerre le premier n'est pas toujours le provocateur, car il est facile, à qui y est décidé, de se faire attaquer. Dans le cas particulier le Piémont était le véritable provocateur : depuis 1849, il l'avait été sourde-

ment, et à face découverte depuis le Congrès de Paris. Son bon droit n'était pas douteux dans les données révolutionnaires du nouveau principe des nationalités, mais celui de TAutriche Tétait encore moins quand on restait dans le droit international des traités. François-Joseph n'avait fait qu'imiter la République française qui déclara la guerre aux électeurs de Trêves et de Cologne sur leur refus de disperser les rassemblements d'émigrésformés sur leur territoire. Cavour lui-même reconnaissait dans sa correspondance confidentielle que l'Autriche ne pouvait tolérer l'incorporation des émigrés lombards dans l'armée piémontaise, et il ne l'opérait que pour lui faire perdre patience. L'attaque autrichienne n'était en réalité qu'une défense.

Le jugement était superficiel. L'Autriche se fûtelle résignée à la présence du Piémont au congrès, la guerre n'en eût pas moins éclaté. Les volontaires, au nombre de douze mille, ne se seraient pas laissé désarmer ; ils n'auraient pas fait une révolution contre Victor-Emmanuel auquel ils n'imputeraient pas une reculade imposée par l'Europe, mais, Garibaldi à leur tète, ils se seraient rués sur les Duchés et les Légations ; Mazzini tapi dans un coin, corbeau toujours prêt à s'élancer sur le cadavre, aurait ouvert ses ailes noires et poussé son sinistre croassement ; l'Autriche et le Piémont seraient intervenus, et le casus belli accepté par l'Empereur se serait encore réalisé.

Pie IX et Cavour se tourmentaient également

de cette éventualité inévitable : « Mes inquiétudes, disait à Gramont Pie IX, dont les nuits se piassaiènt en insomnies anxieuses ; mes inquiétudes sont cruelles du côté de la Sardaigne : l'agitation belliqueuse y est au paroxysme ; on y appelle sous les drapeaux des Italiens de tous les pays; d'un moment à l'autre, ces bandes envahiront le territoire des Duchés, c'est-à-dire la zone qui sépare les États de l'Église de l'incendie; si cette éventualité se réalise, la guerre est allumée dans toute l'Italie et les destins de la Papauté sont dans les mains de Dieu ; le calme qui règne dans mes États s'explique par un mot d'ordre parti de Gênes, mais une milice nationale que je connais et surveille s'organise pour se lever au moment propice*. » — « Si nous entrons au congrès, écrivait Cavour au prince Napoléon , et qu'il faille désarmer, je déclare que je ne puis me faire une idée de ce qui arrivera. Nous pouvons faire accepter lé renvoi des contingents. Mais s'il faut mettre à la porte les volontaires, il est probable, pour ne pas dire certain, que nous aurons des désordres à l'intérieur et la révolution à nos portes. Il faut que Mazzini ait flairé cette éventualité, car on assure qu'il quitte l'Angleterre pour se rapprocher de nous et peutêtre pour venir se cacher dans Gênes. Il est de mon devoir de faire savoir à l'Empereur que du jour où nous aurons lâché sur l'Italie ces douze mille volontaires qui sont dans notre armée, nous

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