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Lettre du P. Lacordaire à Foisset, 9 mars

Laplace n'avait pas votre génie, mais il était plus poli. — Une histoire de ce genre faisait la joie des salons pendant bien des soirs.

L'Académie française élisait les personnages les plus prononcés contre TEmpire, Berryer notamment. Les récipiendaires débitaient ensuite des discours agressifs ou méprisants couverts d'applaudissements. L'Académie des Sciences morales et politiques, aux mains de son secrétaire perpétuel, Mignet, était plus hostile encore.

Au Corps législatif, Montalembert et ses amis secouaient les lisières mises au parlementarisme et ne faisaient grâce à aucune proposition du gouvernement qui se rattachait au régime nouveau.

Ces mécontents trouvaient un appui extérieur dans le Journal des Débais, Les écrivains d'élite qui y collaboraient avaient bien vite pris leur parti de la loi contre la Presse. « Vive l'oppression, écrivait Prevost-Paradol *, pour donner toutes ses ressources, tout son prix à la pensée, pour nous instruire à la force contenue, aux nuances savantes, au style laconique et acéré. Que ce silence général est favorable ! Les braillards se taisent; plus de chanteurs de rues; place aux artistes ! » Lui-même devint bientôt l'artiste supérieur à la plume vibrante, aux intonations fines et mordantes. Aux articles de journaux s'ajoutaient les livres. Là aucune restriction n'avait été imposée et la liberté restait entière comme sous les régimes précédents,

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