‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirsChapitre 25 sur 155 · Sybel, t. IV, p · texte numérisé non relu

Sybel, t. IV, p

ils lui proposèrent d'être un des chefs de leur insurrection. Ils se trompaient tous : il était Français, ardemment Français, mais à la façon d'un démocrate ; il croyait que la véritable manière d'illustrer, d'élever la France au xix« siècle, était non de reculer ses frontières à quelques territoires de peu d'étendue, mais de la faire rayonner protectrice et bienfaisante sur tous les territoires où retentissait l'appel à l'indépendance et à la liberté.

Napoléon I" avait conquis pour affranchir, lui voulait affranchir sans conquérir. Chaque nation a sa destinée ; la nôtre est d'être tour à tour l'apôtre, le soldat, le martyr du droit éternel : Gesta Dei per Francos. Quoi qu'il nous arrive, nous sommes rivés à cette auguste prédestination. Le principe en Allemagne et en Angleterre est de ne rien faire gra(is\ en France de ne rien faire en vue d'un lucre. « Si l'on voulait entasser ce que chaque nation a dépensé de sang et d'or et d'efforts de toutes sortes pour les choses désintéressées qui ne devaient profiter qu'au monde, la pyramide de la France irait montant jusqu'au cieP. » Napoléon III, se croyant obligé à être un fidèle interprète de la France démocratique, avait l'ambition d'ajouter une pierre de plus, la dernière, à cette rayonnante pyramide de gloire et de générosité.

Il l'a dit dans tous les temps, et en vérité il

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