‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirsChapitre 36 sur 155 · Mémoires sur les Ambassadeurs · texte numérisé non relu

Mémoires sur les Ambassadeurs

sa gravité d'ambassadeur pour se faire donner audience aux heures indues.. Ferdinand s'en trouvait fort bien et le renvovait souvent en France, parce qu'en ce temps on ne savait pas encore ce que c'étaient que des ambassadeurs ordinaires ; mais cette familiarité de l'ambassadeur et les artifices de Jean de Mauléon coûtèrent le Roussillon à la France. »

Les souverains rompus au métier caressent les ambassadeurs, leur prodiguent les honnêtetés publiques, les politesses les plus attentives parce qu'ils représentent la personne de leur maître et qu'un manquement à leur égard serait une des causes les plus inévitables de guerre; ils ne leur accordent pas, sans précaution, les accès particuliers; ils se réservent, avant de les admettre à leur audience, de savoir de quel sujet ils veulent l'entretenir, de délibérer et d'examiner, afin de ne pas être pris à l'improviste et de ne pas dire trop ou trop peu. « Louis XIV n'a jamais traité avec pas un ; il savait d'avance quelle serait la matière de l'audience demandée, répondait courtement et sans jamais enfoncer, ni s'engager encore moins; si le ministre insistait, ce qu'il n'osait guère, il lui disait honnêtement qu'il ne pouvait s'expliquer davantage en lui montrant Torcy, qui était toujours présent, comme celui qui savait ses intentions et avec qui le ministre pouvait traiter*. »

Napoléon P*', qui connaissait d'instinct tous les

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