Les Châtiments; la Fin
Quinet n'était pas moins violent en prose. Il écrivait à mon père : « Pendant que la Russie masse ses forces sur le Danube, la France fait couvrir les provinces danubiennes et la Turquie par M. Baraguay, en personne^ sans un seul soldat. Et nos Français prennent au sérieux cette infâme pantalonnade... La France n'a jamais été plus satisfaite qu'elle ne Test au milieu de ces irréparables ignominies; elle a trouvé un gouvernement à sa hauteur; elle ment, elle vend, elle livre, elle danse, elle ricane ; au moins je ne vois pas de mes yeux ce puant cadavre qui se venge de tout en empestant TEurope*. »
Si l'Empereur eût dirigé l'action commune, il eût répondu au passage du Prulh par une déclaration de guerre, et aucune n'eût paru plus justifiée. Il se prête cependant à la préparation de la Note de Vienne et son ambassadeur à Constantinople reçoit l'ordre de se joindre à Stratford pour en recommander l'adoption. Mais cette fois encore Stratford répond à son attente secrète et fait ce qui, de la part de l'Empereur, eût été une imprudence. 11 se rend au Divan et comme doyen des ambassadeurs il présente la Note de Vienne et conseille de la signer. — Rechid répond qu'il prendra les ordres du Sultan. — Maintenant, reprend aussitôt Stratford, il n'y a plus de diplomates, il n'y a que des personnes privées; en cette qualité je vous engage de dissuader le Sultan de signer la note que nous venons