‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirsChapitre 64 sur 155 · I. Malmesburt, Mémoires, 29 novembre et o décembre · texte numérisé non relu

I. Malmesburt, Mémoires, 29 novembre et o décembre

T. III. V

avec une extrême finesse ; il contait en riant au maréchal Castellane que, malgré son goût pour les dames , il avait été exemplaire pendant tout son voyage, et avait eu grand soin de ménager les pruderies de la Reine.

A son départ, Victor -Emmanuel avait essuyé les blâmes du parti réactionnaire; à son retour, il en ressentit le mécontentement. A Chambéry, Tarchevêque vint à la tête de son clergé le féliciter et lui dit : « Votre Majesté a eu en France le bel exemple de l'union intime des autorités et du clergé, et nous espérons qu'elle saura doter son royaume de ce grand bienfait, en mettant un terme aux persécutions dont l'Église est l'objet de la part de son gouvernement. » — Le Roi, froissé de cette apostrophe directe, refusa de recevoir la copie du discours et répondit assez sévèrement : « Vous avez raison, monseigneur l'archevêque, de citer comme un bel exemple à suivre et à imiter les rapports réciproques du clergé de France et des autorités de l'Empire. J'en suis tellement convaincu que j'ai sollicité l'appui de mon noble allié l'Empereur, pour m'aider à établir le clergé de mon royaume sur le même pied que celui de France. » — Ces mots, dit Gramont, ont jeté la consternation dans le parti clérical, car de toutes les craintes de ce parti, la plus grande est de voir revivre le Concordat français ^

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