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CHAPITRE XIV

L'ENTREVUE DE 8TUTTGARD

L'entrevue de Stuttgard émouvait les esprit» en Allemagne encore plus qu'à Londres. François-Joseph, comprenant bien qu'il serait la victime de l'accord, essaya de le prévenir; il pria le roi de Wurtemberg d'aller à Wilbad, où était arrivé le Tsar (juin 1857), de négocier un oubli du passé, une entente contre le danger dont l'Europe était menacée par la révolution, soutenue parla France bonapartiste. Alexandre avait répondu : « Je n'ai point d'inimitié contre l'Autriche, je n'ai pas non plus des raisons de l'aimer; je ne puis songer à un rapprochement avec elle tant que je n'aurai pas sur sa politique d'autres garanties que celles qu'elle m'a données jusqu'à présent ; mais serait-elle prête à me les fournir, je suis décidé à ne jamais plus m'engager dans une alliance à trois contre la France. »

Le roi de Wurtemberg ayant échoué à réconcilier l'Autriche et la Russie à notre détriment, se retourna sans vergogne et se rendit à Biarritz

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pour décider une entrevue à Stuttgard d'où TAutriche serait exclue. Voilà les fidèles alliés que nous devions adopter!

L'entrevue consentie et fixée, TEmpereur éprouva une première déconvenue. Il apprit que la Tsarine ne se rendrait pas à Sluttgard ; elle prétextait une indisposition, sans cacher que son véritable motif était d'éviter une rencontre avec rimpératrice. L'Empereur partit donc seul du camp de Châlons accompagné de Walewski.

A Bade on l'informa, ce fut sa seconde déconvenue, qu'en le quittant le Tsar se rencontrerait à Weimar avec Fempereur d'Autriche. Il poursuivit néanmoins son voyage et arriva à Stuttgard le 25 septembre.

Le Tsar, venu la veille, l'attendait au palais. Au moment où le roi de Wurtemberg l'introduisit dans le grand salon, le Tsar y entra par la porte opposée : personne ne faisait le premier pas. Les deux souverains se serrèrent affectueusement la main, causèrent et passèrent la soirée ensemble. Alexandre fut tellement enchanté de ces première rapports, qu'il appela la Tsarine; celle-ci, subitement guérie de son indisposition, arriva de Darmstadt le lendemain.

Pendant les trois journées de ce séjour, les souverains et les ministres s'entretinrent, avec une confiance à chaque instant grandissante, de toutes les questions qui s'agitaient en Europe, et sur toutes ils se trouvèrent d'accord. Le Tsar reconnut que la tension créée en Italie par les empiétements de l'Autriche, contraires au droit

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