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L'ENTREVUE DE STUTTGARD

et même aux traités de 1815, ne saurait se prolonger; il confirma ses dispositions à nous appuyer dans les Principautés; il reconnut qu'il n'y avait pas à se mêler en ce moment de Taffaire des duchés de TElbe. La question polonaise même, quoi qu'on en ait dit, ne provoqua aucun froissement entre les deux augustes interlocuteurs, tant l'Empereur l'aborda avec une délicate réserve; il exprima ses sympathies, sans rien ajouter qui ressemblât à une exigence ou à une pression; il parla surtout d'une amnistie, mais sous forme de prière. Le Tsar accueillit avec bonne grâce des sentiments exprimés avec déférence : il avait le plus vif désir de voir prospérer le royaume de Pologne, mais sous le sceptre de l'empereur de Russie il lui était impossible de gracier ceux qui à l'étranger conspiraient contre lui, mais il avait étendu l'amnistie à tous ceux qui faisaient leur soumission. —

On alla loin dans l'échange des vues, sans arrêter aucun projet sur une question quelconque : il est de toute inexactitude notamment que la campagne d'Italie ait été discutée, prévue, arrêtée et autorisée alors par le Tsar; pas plus sur ce sujet que sur les autres, on ne sortit des considérations académiques. Il n'y eut vraiment d'entente qu'en ceci : c'est que les deux souverains se promirent de ne s'engager ou de prendre parti dans aucune grande affaire sans s'être avertis et concertés. Gortschacow avait préparé quelques protocoles sur des questions spéciales : les Principautés, la fermeture des détroits, etc. ;

l'Empereur m'a raconté qu'il refusa de les signer. C'eût été rapetisser un événement qui, laissé dans sa généralité de sympathie confiante et affectueuse, cimentée entre deux souverains tout-puissants, constituait véritablement, selon les paroles de Gortschacow à son ami Bismarck, ■un fait historique de première importance.

Le Tsar rassura l'Empereur sur la portée de l'entrevue de Weimar : ce serait une rencontre personnelle à laquelle il n'avaitpuse refusersans impolitesse ; elle n'aurait aucune influence sur sa politique et sur ses sentiments. En effet, Weimar ne fut qu'une parade de famille insignifiante; les ministres n'y assistèrent pas^ et on n'y traita aucune aflTaire. Afin de mieux éviter les clabauderies malveillantes d'opinion, le Tsar avait prié le roi de Prusse, qui eût été bien aise d'être présent, de ne pas venir : il tenait à éviter ce qui aurait l'apparence d'une contre-démonstration désagréable à la France, selon l'esprit de l'ancienne Sainte-Alliance.

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